Le TDA/H

Le trouble de l’attention / de l’hyperactivité

Le TDAH porte mal son nom : il vaudrait mieux parler d’un trouble de la régulation attentionnelle et/ou de la régulation émotionnelle.

Les troubles liés à l’attention et/ ou aux émotions doivent être apparus avant l’âge de 12 ans (hyperactivité, impulsivité, ou attention fluctuante).

La personne doit cocher à minima 6 des symptômes possibles, et les exprimer dans au moins 2 environnements différents (ex : l’école ou au domicile).

Les symptômes exprimés doivent avoir des effets négatifs ou réduire la qualité du fonctionnement social, scolaire ou professionnel.

Le TDAH peut être combiné : un TDA + un TDH

Le TDA peut être prédominant : 6 critères sont retenus pour l’attention fluctuante, mais pas pour le TDH

Le TDH peut être prédominant : 6 critères sont retenus pour l’hyperactivité/impulsivité, mais pas pour le TDA.

Il existe 3 niveaux de sévérité : léger (6 symptômes présents sur les 9), moyen, et sévère (9 /9 symptômes sont présents)

TSA de niveau 3

L’autisme de niveau 3, c’est un autisme qui nécessite un soutien très important : la personne rencontre des difficultés très importantes de communication sociale, une initiation très limitée des interactions, des réponses minimales aux sollicitations sociales des autres, parfois un langage limité ou absent (personne non oralisante).

Les niveaux de sévérité de l’autisme sont définis par la dyade autistique du DSM-V  (the fifth edition of the American Psychiatric Association’s manual for diagnosing and classifying mental disorders, first published in 2013).

DSM-V

TSA de niveau 2

L’autisme de niveau 2, c’est un autisme qui nécessite un soutien important : la personne rencontre des difficultés notables dans la communication sociale et les comportements restreints/répétitifs.

Les niveaux de sévérité de l’autisme sont définis par la dyade autistique du DSM-V  (the fifth edition of the American Psychiatric Association’s manual for diagnosing and classifying mental disorders, first published in 2013).

DSM-V

Le TSA de niveau 1

L’autisme de niveau 1, c’est un autisme qui ne nécessite pas de soutien, ou alors léger : la personne rencontre des difficultés notables dans la communication sociale et une certaine rigidité comportementale, mais avec une autonomie relativement importante.

Les niveaux de sévérité de l’autisme sont définis par la dyade autistique du DSM-V  the fifth edition of the American Psychiatric Association’s manual for diagnosing and classifying mental disorders, first published in 2013).

DSM-V

La fatiguabilité des personnes avec un TSA

Vivre vite, c’est duper le sort, c’est vivre plusieurs fois ; les gens réagissent ainsi puisque la mort c’est l’immobilité, le mouvement c’est la vie, d’où beaucoup concluent que la grande vitesse, c’est la grande vie.

La fatigue, ce mot qui revient souvent au sujet de nos jeunes et moins jeunes porteurs d’un TSA

Les personnes avec un autisme présentent en effet des réactions à l’effort ou au stress sensoriel / cognitif assez fortes, en raison notamment :

  • d’une réactivité autonome atypique (le système nerveux autonome) : dysautonomie
  • une variabilité cardiaque réduite
  • une réponse au stress plus couteuse physiologiquement

    En cas d’effort physique ou mental, les symptômes les plus fréquemment rapportés sont les suivants : fatigue écrasante, courbatures / douleurs diffuses, brouillard mental, hypotension orthostatique ou malaise debout.

    Des travaux récents indiquent une prévalence plus élevée chez les personnes avec un TSA de POTS (dysautonomie présentant une augmentation anormale de la fréquence cardiaque (+/- 30 battements/min ou >120 bpm) , intolérance orthostatique, hypotension artérielle.

    • Repli / retrait brutal : besoin impérieux de s’isoler, se coucher, voire se cacher
    • Mutisme ou quasi-mutisme : difficulté à parler, à répondre, à trouver les mots, parfois impossibilité totale de parler (mutisme sélectif situationnel)
    • Ralentissement global : mouvements lents ou figés, incapacité à lancer une action simple (répondre à un mail, se lever, se doucher)
    • Effondrement cognitif : difficulté à traiter l’information, sensation de cerveau vide ou éteint
    • Fatigue extrême : sans lien proportionnel avec l’effort visible, besoin de rester allongé parfois plusieurs jours

    La personne ne peut pas (même si elle le voudrait) ; cela n’est pas toujours visible de l’extérieur, la personne peut simplement demeurer calme et distante.

    Quels sont les déclencheurs et la dynamique ?

    • Une surcharge sensorielle (bruit, lumière, foule, odeur, textures ect..)
    • Une surcharge sociale (interactions prolongées, codes sociaux à gérer, masquage, conflits)
    • Une surcharge cognitive (multitâche, changement de plan, imprévus, consignes floues)
    • Une surcharge émotionnelle (conflits, critiques, sentiment d’injustice, anxiété prolongée)

    Quelles sont les causes identifiées ?

    • Un système nerveux autonome qui réagit de manière atypique (hyper-réactivité au stress, difficulté à revenir à un état de base après stimulation, et présence de POTS chez une partie des personnes avec TSA
    • Le cerveau autistique consomme plus de ressources pour gérer les signaux sensoriels et sociaux, cette sorte de « mise en veille » forcée évite le crash complet
    • Le traitement sensoriel (interoception) est atypique (fatigue, faim, douleur) la personne peut ne pas ressentir clairement les besoins, d’où les shutdown qui semblent « tomber d’un coup ».

    Il y a majoritairement une dysrégulation du stress et de la gestion de l’énergie.

    Comment rendre compatible la dysrégulation autistique avec nos vies contemporaines ?

    En entreprise, la reconnaissance découle de la performance ; mais c’est cette même performance qui reste à définir : souhaite t’on de la créativité, de l’inventivité, de l’autonomie ? ou leur préfère-t-on du rendement quotidien élevé, un travail collectif imposé (réunions répétées, brainstorming hebdomadaire), saupoudré d’un management parfois autoritaire qui challenge plus qu’il ne sollicite et n’éveille de talents.

    C’est évidement très difficile pour une personne avec autisme de concilier son énergie avec l’attente sociétale actuelle, les compétitions de parcours scolaires puis professionnels et les notifications permanentes (réseaux sociaux, info continue ect) : le temps manque, or c’est précisément de temps de repos, de silence et de coupures sociales que les personnes avec TSA ont le plus besoin.

    Les témoignages : une vie de parents et d’aidants

    Le témoignage de Mélissa, mère d’Aaron et Adam (âgés de 7 ans au moment de l’écriture)

    Le témoignage d’Aurélie, mère d’Hugo, 11 ans

    Une AESH accompagne pour l’épreuve du bac de français

    Les TND au sein de la fratrie : ce que j’ai compris trop tard

    Le témoignage de Béatrice, mère d’un garçon avec TDAH

    Le témoignage de Vincent, père d’un garçon avec TDAH

    Le Glossaire de NHA : pour tout comprendre ou presque

    Le terme d’autisme a été abandonné au profit du « Trouble du Spectre de l’Autisme », plus représentatif de la réalité : chaque autisme est en effet différent, avec sous sans déficience intellectuelle, parfois compensé par un HPI, 80% des sujets avec un TSA sont d’intelligence dans la moyenne. La cause est très fréquemment génétique, à ne pas confondre avec héréditaire.

    CAA – la Communication Alternative Améliorée (cf. nos articles dans la rubrique « outils »)

    CMP- Centre-Médico-Psychologique : lieu de soins public qui offre des consultations médico-psychologiques et sociales à toute personne en difficulté psychique.

    CMPP – Centre Médico-Psycho-Pédagogique : centre de consultations et de soins accompagnant des enfants et des adolescents de 0 à 18 ans. Sa mission est d’accueillir, d’écouter et de proposer une prise en charge adaptée aux difficultés des enfants et des adolescents. 

    CRA – Centre de Ressources sur l’Autisme. Les CRA sont présents dans 26 régions (21 en métropole, 4 en Outre-Mer)

    CRAIF – le Centre des Ressources Autistiques d’Ile-de-France

    IME – Institut Médico-éducatif afin d’être accompagnés au mieux dans leur autonomie, leurs apprentissages, et leur épanouissement.

    MDPH – Maison Départementale pour les Personnes Handicapées

    MDPH – le dossier MDPH, dossier indispensable pour prétendre à la reconnaissance du Handicap et bénéficier de droits (cf. nos fiches pratiques)

    RQTH – La reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) est une décision administrative qui permet de bénéficier d’un ensemble de mesures favorisant le maintien dans l’emploi ou l’accès à un nouvel emploi. Vous êtes concerné si vos possibilités d’obtenir ou de conserver votre emploi sont réduites du fait de la dégradation d’au moins une fonction physique, sensorielle, mentale ou psychique.

    SESSAD – Services Médico-Sociaux, constitués d’équipes pluridisciplinaires. Leur action vise à apporter un soutien spécialisé aux enfants et adolescents handicapés dans leur milieu ordinaire de vie et d’éducation ainsi qu’à leurs familles.

    Fratries TND : ce que j’ai compris trop tard

    Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H) est souvent décrit comme un défi du quotidien pour l’enfant qui en est porteur… mais c’en est aussi un pour toute la famille. Lorsqu’un enfant reçoit un diagnostic, l’attention des parents se concentre légitimement sur lui. Ce phénomène peut toutefois conduire à une autre réalité : le risque de passer à côté du TDAH chez les autres enfants de la fratrie.

    C’est exactement ce qu’il s’est passé dans notre famille : 

    Nous avons très vite suspecté chez notre fils quelque chose. A l’âge de 3 ans, une pédopsychiatre nous a parlé d’une hypothèse de TDAH.

    Et moi, j’étais là, à essayer de comprendre, de gérer, d’encaisser parfois. Le quotidien tournait autour de lui, ses rendez-vous avec des neuropsychologues, psychologues, pédopsychiatres, psychomotriciens… Mais aussi ses besoins, ses débordements, ses urgences, ses progrès.

    Pendant ce temps, sa grande sœur, de 2 ans son aînée, grandissait, développait ses propres stratégies, ses propres difficultés – plus discrètes peut-être mais bien présentes. Et personne, parmi la multitude de spécialistes consultés, n’a évoqué la possibilité que la fratrie puisse également être concernée par un Trouble du neurodéveloppement (TND).

    Résultat : un diagnostic posé beaucoup plus tard, un trouble de l’hyperactivité (TDH) pour ma fille et le sentiment pour nous parents d’être “passés à côté”.

    Pourquoi le TDAH peut-il être passé inaperçu chez un frère ou une sœur ?

    Plusieurs raisons expliquent ce phénomène :

    1. Les TND sont très variables d’un enfant à l’autre

    2. Les filles sont encore sous-diagnostiquées car elle ont des compétences de camouflage plus développées, le trouble est donc plus invisible et retarde le repérage.

    3. L’attention des adultes est monopolisée par l’enfant déjà diagnostiqué, il y a nécessairement une concentration de l’énergie par les parents où le besoin est le plus manifeste.

    4. Le manque d’information sur la dimension familiale des TND : lorsqu’un enfant reçoit un diagnostic de TND, il devrait être systématiquement proposé aux parents de surveiller les autres enfants. Si l’un d’eux présente des comportements qui interrogent (inattention, agitation, impulsivité, difficultés scolaires, forte fatigabilité, irrégularités, etc.).

    Que retenir pour les parents ?

    Le TDAH peut toucher plusieurs enfants d’une même famille.

    Chaque enfant s’exprime différemment : ce qui “crie” chez l’un peut être silencieux chez l’autre.

    Le diagnostic d’un enfant doit être un signal pour observer la fratrie, sans inquiétude excessive, mais avec attention.

    Et si je partage notre histoire aujourd’hui, c’est pour qu’aucune autre famille ne vive cette même situation.

    Pour qu’on n’oublie plus les frères et sœurs qui se taisent, qui s’adaptent, qui encaissent sans bruit.

    Ce que les familles auraient besoin d’entendre :

    “Regardons la fratrie aussi”

    Une maman anonyme.

    Autisme et musique : connaissances et perspectives

    Résumé du colloque du 7 mars, organisé par les associations APTE-autisme, CAP Enfants et A4-autisme.

    Une journée riche en émotions, avec le rappel par les organisateurs en préambule, du fait que le terme « neuroatypie » a commencé à gagner en reconnaissance en France autour des années 2010 ; avant cette date, la survenue d’un autisme était généralement expliquée comme étant causal et lié à la « mère frigidaire ».

    Musique, oxytocine et prématurité : effet biologique et neuroprotection – par le Pr Olivier BAUD, chef de service à l’Hôpital universitaire COCHIN

    La prématurité concerne 10% des enfants dans le monde, soit 13 millions. Chaque année, c’est environ 1 million d’enfant qui décèdent, les autres survivent, certains avec un handicap comme l’autisme.

    Le fœtus perçoit son environnement comme étant musical (les battements du cœur, les voix des personnes qui s’expriment) : il les perçoit comme des prosodies ou phonèmes, les sons étant filtrés. Le fœtus prématuré se trouve dans un environnement bruyant (le ventilateur = 65 db) et séparé de ses parents ; cette situation agressive se traduit par la génération des hormones du stress, le cortisol ayant un impact considérable sur le cerveau. On peut observer un impact sur le salience network1 largement augmenté sur la population musicienne, la maturation du réseau limbique et émotionnel, la petitesse du volume des amygdales2 . Outre l’environnement sonore bruyant, le relargage de facteurs inflammatoires induit chez les fœtus un effet synergique qui aboutit au 3ème trimestre de la grossesse à un état inflammatoire neuronal : l’activation microgliale3 va faire défaut. Le rôle de la musique qui a été observé conduit à une augmentation certaine de l’ocytocine4 laquelle agit comme agent protecteur pour le cerveau. Il a pu être observé des effets bénéfiques de l’impact de la musique sur le développement des fœtus (augmentation des amygdales, bénéfice sur la connectivité fonctionnelle cérébrale, l’augmentation certaine de l’ocytocine4 laquelle agit comme agent protecteur pour le cerveau ect.) Les effets neurochimiques de la musique, tout comme le peau à peau avec le fœtus sont donc constatés.

    La musicothérapie contribue à soigner les troubles neurodéveloppementaux (mais pas qu’eux) : par le Dr Bruno GEPNER, psychiatre, chercheur associé à l’Institut de Neurophysiopathologie, musicien et président de la Fédération Austime Vie Entière

    Les vertus curatives de la musique sont connues depuis l’Antiquité : en Egypte, les tribus amérindiennes, la médecine traditionnelle chinoise aussi, des tonalités et des rythmes musicaux sont utilisés à titre de rituels de guérison ou de rééquilibrage de l’énergie corporelle.

    En Europe, c’est au Moyen-Age et à la Renaissance que l’église chrétienne popularise le chant des fidèles comme expérience thérapeutique. Les 18 puis 19 ème siècles aux USA et Grande-Bretagne connaissent les premières études de l’impact de la musique sur le système nerveux humain, et l’émergence de la musicothérapie.

    La musique permet de former des connexions émotionnelles et mémorielles fortes et durables. Elle modèle le cerveau : les musiciens ont un corps calleux6 hypertrophié et leur faisceau arqué7 est bien plus développé. La musique accroît également la libération d’hormones : endorphines, sérotonine, ocytocine et dopamine. On distingue deux effets dissemblables selon le type de musique : la musique joyeuse suscite des pensées orientées vers le présent et l’avenir, des émotions positives et une attention portée aux autres ; la musique triste provoque au contraire une réflexion sur les éléments passés, elle sollicite l’introspection ainsi que la récupération de la mémoire (Noyau acubens8).

    Les conséquences pour les TND :

    • pour les troubles DYS : la pratique de la musique, notamment rythmique, peut renforcer le réseau arqué, lequel joue un rôle fondamental dans la lecture : il accroît la cohérence temporelle des zones cérébrales et améliore rapidité et exactitude.
    • pour le TDAH : l’écoute et la pratique de rythmes musicaux entraîne le sujet à ajuster les fluctuations spontanées de son attention avec les régularités de son environnement sonore, ce qui accroît son attention visuo-spatiale et diminue son impulsivité.
    • pour les TSA : la musique peut influer positivement sur toutes les difficultés et fragilités connues ; par ailleurs, le fonctionnement émotionnel et cognitif particulier peut expliquer leur attirance / compétences particulières : ilots de compétences, sensibilité accrue, attention et perception des détails, oreille absolue, synesthesies, intérêts restreints ou perfectionnisme, capacités mnésiques ect .

    Des chercheurs ont étudié et pratiqué depuis les années 1950, instaurant des méthodes spécifiques et thérapeutiques : Paul Nordoff, Clive Robbins, Juliette Alvin, Amélia Oldfield, et des travaux en Norvège. Dans les années 1940, la musicothérapie s’installe et les premières études sur l’autisme infantile sont lancées, les publications sont pourtant inexistantes. L’essor de la musicothérapie prend place dans les années 70-80 ; il faut attendre 1989 pour que les premières recherches sur les enfants TSA apparaissent, puis 2014 pour qu’elles soient publiées (Méta-analyse de Geretsegger et al. Systematic review Cochrane) : sont constatés des effets positifs sur les interactions sociales durant les séances, sur la communication verbale et non verbale, l’initiation de l’action, et la réciprocité émotionnelle. En critères secondaires : on observe une amélioration de l’adaptation sociale, des sentiments de « joie », de la qualité de la relation parent-enfant.

    On observe avec certitude :

    • une augmentation des compétences sociales (sur sujets de TSA modéré)
    • une augmentation des scores de communication sociale et de la connectivité auditivo-fronto-motrice
    • une baisse très nette d’alpha-amylase salivaire9

    Conclusion : la musicothérapie a des effets sur les symptômes cardinaux du TSA ; la communication non verbale et verbale, les interactions, les intérêts. La musique n’est pas seulement une méthode de CAA, c’est une thérapie globale. Elle mérite d’être recommandée pour les enfants, mais aussi pour les adultes, dans les recommandations de bonnes pratiques de la HAS.

    Stéphane Scotto di Rinaldi

    (Doctorant en psychopathologie au CERPPS, Université de Toulouse Jean Jaurès), psychologue clinicien du développement, musicothérapeute et psychothérapeute.

    Priscilla LIETS est une jeune femme de 27 ans, TSA, tout d’abord élève puis devenue professeur de piano. Elle enseigne aujourd’hui à des élèves autistes et non autistes et se produit en concerts. Victime de harcèlement durant sa scolarité, elle est aujourd’hui heureuse et fière d’une vie sociale réussie.

    Présentation par le Dre Eve Marie QUINTIN, Psychologue, Associate Professor/ agrégée, University Graduate Program Director, Counselling Psychology and School/ Applied Child Psychology William Dawson Scholar Director, Behaviour Autism and Neurodevelopment (BAND) Resaerch Group : Effets positifs de programmes de musique pour les enfants autistes.

    Intervention de Claire OPPERT, Violoncelliste et musicothérapeute, auteur de « Le pansement Schubert » : la musique vivante et les enfants autistes : regards et retours d’expériences.

    Pendant six ans, la musicienne virtuose joue pour des enfants et des adolescents qui souffrent de troubles du spectre autistique (TSA). La plupart ne parlent pas. Elle s’adapte musicalement aux réactions de joie ou de colère des jeunes, et petit à petit le contact s’établit.

    Françoise DOROCQ, Fondatrice et Directrice de l’association APTE

    Professeure de piano psychologue et fondatrice de l’association APTE (Autisme, Piano et Thérapie Educative) – auteure de la pédagogie DOLCE, qui permet l’enseignement des pratiques instrumentales, de la danse et du chant aux personnes avec TSA et/ou troubles de l’apprentissages (TDAH, DYS, HP) regroupés sous le terme de TND.

    Kevin JAMEY, Doctorant en psychologie au BRAMS, dans le laboratoire de Simone Dalla Bella : Comment un jeu rythmique digital peut soutenir les habilités sensorimotrices et cognitives des enfants autistes ?

    Les troubles neurodéveloppementaux rencontrent le plus fréquemment des difficultés de timing : le TDAH pour l’estimation de la durée, le traitement rythmique, le timing moteur, liés au déficit de l’attention. Le TSA pour le timing moteur, la synchronisation motrice, le synchro neuronal atypique, le cervelet, les comportements répétitifs, ce qui affecte le partage de l’attention, le tour de rôle et la communication non verbale. Le laboratoire travaille sur un jeu de synchronisation sensorimotrice adapté aux enfants ayant des troubles neurodéveloppementaux. Initialement développé pour PARKINSON, il améliore le contrôle moteur et la variabilité de la marche, utilise la complexité rythmiques des stimuli pour défier la synchronisation sensorimotrice. Les résultats de la cohorte étudiée sont : une amélioration de la synchronisation nettement corrélée à la durée de l’entrainement, une amélioration des fonctions cognitives.

    Pascal AMOYEL, pianiste virtuose engagé aux côtés d’APTE

    Victoire de la Musique en 2005 dans la catégorie « Révélation Soliste Instrumental de l’année », Pascal Amoyel est récompensé en 2010 par un Grand Prix du Disque à Varsovie par la prestigieuse Société Chopin pour son intégrale des Nocturnes de Chopin aux côtés de Martha Argerich et de Nelson Freire, enregistrement qualifié de « miracle que l’on n’osait plus espérer, qu’on écoute bouche bée par tant de beauté » par la revue Classica. Son interprétation des Funérailles de Liszt a également été saluée par la critique comme l’une des références historiques, et ses Harmonies Poétiques et Religieuses de Liszt élues parmi les 5 meilleurs enregistrements de l’année 2007 par la chaîne Arte.

    1. Le réseau de saillance est une structure cérébrale qui détermine, parmi la multitude de stimuli internes et externes, ceux qui sont signifiants et dignes d’attention ↩︎
    2. Les amygdales jouent un rôle fondamental dans le décodage des émotions et des stimulus menaçant pour l’organisme. Elles coordonnent également les systèmes nerveux et endocriniens ↩︎
    3. Le rôle le plus connu des microglies est celui de la défense immunitaire. Elles sont extrêmement mobiles et scannent continuellement les neurones avoisinants grâce à de nombreux prolongements dynamiques comme des « gardiennes du cerveau » afin d’assurer la surveillance de leur intégrité ↩︎
    4. L’ocytocine est un neuropeptide sécrété par les noyaux paraventriculaire et supraoptique de l’hypothalamus et excrétée par l’hypophyse postérieure (neurohypophyse) qui agit principalement sur les muscles lisses de l’utérus et des glandes mammaires. Elle a aussi un rôle connu chez les êtres humains, notamment en ce qui concerne la confiance, l’empathie, la générosité et la sexualité ↩︎
    5. L’ocytocine est un neuropeptide sécrété par les noyaux paraventriculaire et supraoptique de l’hypothalamus et excrétée par l’hypophyse postérieure (neurohypophyse) qui agit principalement sur les muscles lisses de l’utérus et des glandes mammaires. Elle a aussi un rôle connu chez les êtres humains, notamment en ce qui concerne la confiance, l’empathie, la générosité et la sexualité ↩︎
    6. Le corps calleux est une structure cérébrale essentielle qui relie les deux hémisphères du cerveau. Il est composé de matière blanche et permet la communication entre les hémisphères gauche et droit, jouant un rôle crucial dans la perception et le traitement des informations ↩︎
    7. Le faisceau arqué est un ensemble de fibres axonales dites « associatives » reliant les aires de Broca et de Wernicke. Il constitue la voie dorsale du langage selon le modèle proposé par Hickock et Poeppel . Cette voie du langage intervient dans le processus phonologique, la syntaxe et l’articulation  ↩︎
    8.  Noyau Acubens : ensemble de neurones situés à l’intérieur de la zone corticale prosencéphalique ↩︎
    9. L’ amylase salivaire (également appelée ptyaline) est une enzyme digestive sécrétée par les glandes salivaires au niveau de la bouche. Agent enzymatique essentiel de la salive, elle débute la digestion chimique des glucides, principale source d’énergie chimique pour les cellules ↩︎

    Les recommandations des bonnes pratiques professionnelles de la HAS

    Le cerveau des individus neuroatypiques (par opposition aux individus neurotypiques) rencontrent une maturation différente. Chez tout individu, le développement du cerveau après la naissance connait un réseau de synapses2 intense qui se met en place : le cerveau des bébés est en quelque sorte, hyperconnecté. Au fur et à mesure que l’enfant grandit, un mécanisme naturel d’élagage des synapses inutiles se met en place, ne conservant que celles utiles. Chez les enfants autistes, ce mécanisme ne fonctionne pas, en raison de l’activité du protéine, mTOR, laquelle inhibe la disparition des synapses. En moyenne, des recherches ont constaté jusqu’à > 40% de synapses en plus dans le cerveau d’un jeune adulte autiste. Dans le TDAH, des neurotransmetteurs sont dysfonctionnels : on a pu constater un déséquilibre entre les productions du système dopaminergique, et de la noradrénaline. De même, le lobe frontal, responsable de fonctions supérieures, comme l’inhibition, la planification et la modulation des réponses, et le striatum, serait défaillants.

    Les recommandations des bonnes pratiques professionnelles sont publiées par la Haute Autorité de Santé française, pour promouvoir un accompagnement de qualité des personnes autistes ou TDAH

    La Haute Autorité de Santé (HAS) publie des recommandations pour promouvoir un accompagnement de qualité des personnes relevant du trouble du neurodéveloppement : l’objectif est de proposer un accompagnement personnalisé à chaque personne avec un trouble du spectre autistique (TSA) ou trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) afin d’améliorer son bien-être et ses compétences. Ces recommandations visent aussi à identifier et mieux gérer les comportements inadaptés. Un guide méthodologique décrit les étapes et les modalités d’élaboration des RBPP pour le secteur social et médico-social.

    Ces recommandations ont été établies par la Commission de l’évaluation et de l’amélioration de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux[1] (CSMS).

    De quoi s’agit-il ? Les recommandations de bonnes pratiques professionnelles (RBPP) pour le secteur social et médico-social sont des propositions développées méthodiquement pour permettre aux professionnels du
    secteur de faire évoluer leurs pratiques afin d’améliorer la qualité des interventions et de
    l’accompagnement. Elles reflètent le consensus autour de l’état de l’art et des connaissances à un moment donné. Elles ne sauraient dispenser les professionnels d’exercer leur discernement dans l’élaboration et le choix de
    l’accompagnement qu’ils estiment le plus approprié, en fonction de leurs propres constats et des
    attentes des personnes accompagnées.
    Elles ont pour objectif de mettre à la disposition des professionnels des repères, des orientations, des
    outils pour :
    ‒ développer les organisations, les actions et les postures permettant de proposer
    l’accompagnement le mieux adapté dans des circonstances données
    ‒ mettre en œuvre la démarche d’amélioration continue de la qualité
    Elles doivent donc être distinguées des standards et des normes qui définissent des critères
    d’évaluation.
    Elles peuvent aussi être utilisées dans le cadre de la formation initiale et continue des professionnels.

    Dans le moteur « recherche » du site de la HAS, si vous tapez le mot « autisme », vous aboutirez à 227 ressources, et pour le mot « TDAH », à 65 ressources.

    Parmi les indispensables, je vous invite à lire :

    1. TDAH de novo : si traumatisme dans des régions cérébrales spécifiques ↩︎
    2. SYNAPSE : zone située entre deux neurones (cellules nerveuses) et assurant la transmission des informations de l’une à l’autre ↩︎

    Plugin WordPress Cookie par Real Cookie Banner