La fatiguabilité des personnes avec un TSA

Vivre vite, c’est duper le sort, c’est vivre plusieurs fois ; les gens réagissent ainsi puisque la mort c’est l’immobilité, le mouvement c’est la vie, d’où beaucoup concluent que la grande vitesse, c’est la grande vie.

La fatigue, ce mot qui revient souvent au sujet de nos jeunes et moins jeunes porteurs d’un TSA

Les personnes avec un autisme présentent en effet des réactions à l’effort ou au stress sensoriel / cognitif assez fortes, en raison notamment :

  • d’une réactivité autonome atypique (le système nerveux autonome) : dysautonomie
  • une variabilité cardiaque réduite
  • une réponse au stress plus couteuse physiologiquement

    En cas d’effort physique ou mental, les symptômes les plus fréquemment rapportés sont les suivants : fatigue écrasante, courbatures / douleurs diffuses, brouillard mental, hypotension orthostatique ou malaise debout.

    Des travaux récents indiquent une prévalence plus élevée chez les personnes avec un TSA de POTS (dysautonomie présentant une augmentation anormale de la fréquence cardiaque (+/- 30 battements/min ou >120 bpm) , intolérance orthostatique, hypotension artérielle.

    • Repli / retrait brutal : besoin impérieux de s’isoler, se coucher, voire se cacher
    • Mutisme ou quasi-mutisme : difficulté à parler, à répondre, à trouver les mots, parfois impossibilité totale de parler (mutisme sélectif situationnel)
    • Ralentissement global : mouvements lents ou figés, incapacité à lancer une action simple (répondre à un mail, se lever, se doucher)
    • Effondrement cognitif : difficulté à traiter l’information, sensation de cerveau vide ou éteint
    • Fatigue extrême : sans lien proportionnel avec l’effort visible, besoin de rester allongé parfois plusieurs jours

    La personne ne peut pas (même si elle le voudrait) ; cela n’est pas toujours visible de l’extérieur, la personne peut simplement demeurer calme et distante.

    Quels sont les déclencheurs et la dynamique ?

    • Une surcharge sensorielle (bruit, lumière, foule, odeur, textures ect..)
    • Une surcharge sociale (interactions prolongées, codes sociaux à gérer, masquage, conflits)
    • Une surcharge cognitive (multitâche, changement de plan, imprévus, consignes floues)
    • Une surcharge émotionnelle (conflits, critiques, sentiment d’injustice, anxiété prolongée)

    Quelles sont les causes identifiées ?

    • Un système nerveux autonome qui réagit de manière atypique (hyper-réactivité au stress, difficulté à revenir à un état de base après stimulation, et présence de POTS chez une partie des personnes avec TSA
    • Le cerveau autistique consomme plus de ressources pour gérer les signaux sensoriels et sociaux, cette sorte de « mise en veille » forcée évite le crash complet
    • Le traitement sensoriel (interoception) est atypique (fatigue, faim, douleur) la personne peut ne pas ressentir clairement les besoins, d’où les shutdown qui semblent « tomber d’un coup ».

    Il y a majoritairement une dysrégulation du stress et de la gestion de l’énergie.

    Comment rendre compatible la dysrégulation autistique avec nos vies contemporaines ?

    En entreprise, la reconnaissance découle de la performance ; mais c’est cette même performance qui reste à définir : souhaite t’on de la créativité, de l’inventivité, de l’autonomie ? ou leur préfère-t-on du rendement quotidien élevé, un travail collectif imposé (réunions répétées, brainstorming hebdomadaire), saupoudré d’un management parfois autoritaire qui challenge plus qu’il ne sollicite et n’éveille de talents.

    C’est évidement très difficile pour une personne avec autisme de concilier son énergie avec l’attente sociétale actuelle, les compétitions de parcours scolaires puis professionnels et les notifications permanentes (réseaux sociaux, info continue ect) : le temps manque, or c’est précisément de temps de repos, de silence et de coupures sociales que les personnes avec TSA ont le plus besoin.

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