Table ronde autour des TND

L’école et les enfants à besoins particuliers : DYS, TDAH, TSA

Le 1er Avril dernier, les deux associations de parents d’élèves que sont le MAPE et la FCPE, sur la ville de SAINT-MANDE, sollicitaient l’aide de l’association DYSCARE, pour l’organisation d’une table ronde autour des TND.

Chaque année, ce sont des dizaines d’enfants scolarisés sur la commune, qui fréquentent les établissements scolaires, et nécessitent des aménagements de scolarité.

Quand les professionnels de l’enseignement sont formés, la scolarité se déroule bien : le jeune bénéficie d’un Plan d’Accompagnement Personnalisé (PAP) ou d’un Projet Personnalisé de Scolarisation (s’il relève de la MDPH).

Dans le cas contraire, le parcours du jeune et de sa famille peut s’avérer très difficile et anxiogène : punitions, harcèlement, voire exclusion de l’établissement scolaire. Les mots sont insuffisants pour exprimer ce que peuvent vivre les parents dans de telles situations, c’est un cri d’alarme que nous lançons aux institutionnels.

Les plans stratégiques nationaux existent, accompagnés de plans de financement ; tout récemment, l’Institut Robert Debré du cerveau de l’enfant (PARIS 19ème) a ouvert ses portes aux chercheurs et constitue une véritable source d’espoir pour les familles concernées.

NHA a préparé un court métrage de cette soirée qui rassemblaient spécialistes du monde médical, para-médical, associatif, de l’éducation nationale du Val de Marne, autour d’un projet commun : améliorer le parcours scolaire et de vie de nos jeunes atypiques, leur permettre un cheminement serein en vue d’une intégration sociétale véritable.

La société de demain devra être inclusive ou elle ne sera pas ; croire qu’une société divisée resterait fonctionnelle est illusoire, nous avons besoin de tous pour avancer.

Claire Bessalem

Les recommandations des bonnes pratiques professionnelles de la HAS

Le cerveau des individus neuroatypiques (par opposition aux individus neurotypiques) rencontrent une maturation différente. Chez tout individu, le développement du cerveau après la naissance connait un réseau de synapses2 intense qui se met en place : le cerveau des bébés est en quelque sorte, hyperconnecté. Au fur et à mesure que l’enfant grandit, un mécanisme naturel d’élagage des synapses inutiles se met en place, ne conservant que celles utiles. Chez les enfants autistes, ce mécanisme ne fonctionne pas, en raison de l’activité du protéine, mTOR, laquelle inhibe la disparition des synapses. En moyenne, des recherches ont constaté jusqu’à > 40% de synapses en plus dans le cerveau d’un jeune adulte autiste. Dans le TDAH, des neurotransmetteurs sont dysfonctionnels : on a pu constater un déséquilibre entre les productions du système dopaminergique, et de la noradrénaline. De même, le lobe frontal, responsable de fonctions supérieures, comme l’inhibition, la planification et la modulation des réponses, et le striatum, serait défaillants.

Les recommandations des bonnes pratiques professionnelles sont publiées par la Haute Autorité de Santé française, pour promouvoir un accompagnement de qualité des personnes autistes ou TDAH

La Haute Autorité de Santé (HAS) publie des recommandations pour promouvoir un accompagnement de qualité des personnes relevant du trouble du neurodéveloppement : l’objectif est de proposer un accompagnement personnalisé à chaque personne avec un trouble du spectre autistique (TSA) ou trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) afin d’améliorer son bien-être et ses compétences. Ces recommandations visent aussi à identifier et mieux gérer les comportements inadaptés. Un guide méthodologique décrit les étapes et les modalités d’élaboration des RBPP pour le secteur social et médico-social.

Ces recommandations ont été établies par la Commission de l’évaluation et de l’amélioration de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux[1] (CSMS).

De quoi s’agit-il ? Les recommandations de bonnes pratiques professionnelles (RBPP) pour le secteur social et médico-social sont des propositions développées méthodiquement pour permettre aux professionnels du
secteur de faire évoluer leurs pratiques afin d’améliorer la qualité des interventions et de
l’accompagnement. Elles reflètent le consensus autour de l’état de l’art et des connaissances à un moment donné. Elles ne sauraient dispenser les professionnels d’exercer leur discernement dans l’élaboration et le choix de
l’accompagnement qu’ils estiment le plus approprié, en fonction de leurs propres constats et des
attentes des personnes accompagnées.
Elles ont pour objectif de mettre à la disposition des professionnels des repères, des orientations, des
outils pour :
‒ développer les organisations, les actions et les postures permettant de proposer
l’accompagnement le mieux adapté dans des circonstances données
‒ mettre en œuvre la démarche d’amélioration continue de la qualité
Elles doivent donc être distinguées des standards et des normes qui définissent des critères
d’évaluation.
Elles peuvent aussi être utilisées dans le cadre de la formation initiale et continue des professionnels.

Dans le moteur « recherche » du site de la HAS, si vous tapez le mot « autisme », vous aboutirez à 227 ressources, et pour le mot « TDAH », à 65 ressources.

Parmi les indispensables, je vous invite à lire :

  1. TDAH de novo : si traumatisme dans des régions cérébrales spécifiques ↩︎
  2. SYNAPSE : zone située entre deux neurones (cellules nerveuses) et assurant la transmission des informations de l’une à l’autre ↩︎

GIS Austime et TND – 14 novembre

5ème Colloque annuel

NHA était présente le 14 Novembre dernier au 5ème colloque annuel du G.I.S ( Groupement d’intérêt scientifique)  Autisme et TND, organisé à la Maison de la chimie, à Paris 7ème.

Ce temps fut consacré aux biomarqueurs cliniques : comprendre prévenir et intervenir. Les intervenants, chercheurs spécialisés en TSA et Troubles du Neurodéveloppement, ont fait le point sur les recherches actuelles et les innovations en cours de développement. Un biomarqueur est une caractéristique biologique que l’on peut analyser et mesurer. Dans les domaines des TND, la recherche sur les biomarqueurs a deux objectifs :

  • Repérer le plus précocement possible les situations à risques
  • Connaitre à l’avance la réponse et l’efficacité d’un traitement ou d’une intervention.

Intervention de Jan BUITELAAR, Radboud Université, Nimègue, Pays-Bas.

M BUITELAAR nous indique la quantité élevée des gênes qui sont impliqués dans l’autisme. L’aspect neuronal n’est pas monomodal et présente une grande hétérogénéité. La méthodologie scientifique est de fragmenter les groupes, et d’étudier les cohortes présentant une perte du signal biologique. Certains biomarqueurs sont visibles via l’IRM, par l’aspect clinique ou le tatouage moléculaire génétique. Il est indispensable d’étudier plusieurs cohortes, et la duplication n’est pas toujours possible. Le biomarqueur permet de mesurer un état ou un processus biologique (étiologie). Il est aujourd’hui possible d’identifier des marqueurs de risques, notamment pour les fratries de sujets TDAH. Cependant le pronostic n’est pas déterminant, la pathologie évoluant dans le temps (amélioration/ détérioration par exemple lors de l’adolescence) et présentant une trajectoire de développement différente.

Les biomarqueurs validés par la science sont ceux connus depuis 2019 :

– une réponse cérébrale appelée « potentiel lié à l’événement N170« , un pic d’activité électrique qui se produit environ 170 millisecondes après qu’une personne a vu un visage. Le N170 qui se mesure par encéphalogramme, visible dès l’âge de 13/14 ans, il décode les émotions, le suivi du regard, la latence est effectivement plus longue chez les sujets TSA. L’amygdale est corrélée à la latence constatée ainsi que les scores polygéniques : cette différence de millisecondes impacte considérablement les interactions sociales, là où un sujet neurotypique réagira instantanément et sans réflexion, un sujet neuroatypique n’en sera pas capable.

le biomarqueur du N290 => visible dès la petite enfance, et confirme un processus déjà présent.

Ce qui compte, avec l’aide des biomarqueurs, ce sont les convergences des signaux. Un débalancement entre les mécanismes corticaux excitateur et inhibiteur pourrait en partie expliquer les comportements atypiques et les réponses électroencéphalographiques (EEG) anormales des individus atteints du TSA. L’Arbaclofen, un médicament utilisé pour normaliser le système excitateur du cerveau, a démontré des améliorations sociales et cognitives chez le modèle murin atteint du syndrome du X fragile (SXF), la cause monogénétique la plus fréquente du TSA.

L’architecture fonctionnelle du cerveau présente une certaine hétérogénéité. Le langage ou les fonctions complexes (comportements sociaux) émanent de toutes les régions et réseaux fonctionnels du cerveau. L’architecture chez les TSA est à la fois hyper ou hypo connectée : pour la pertinence de l’étude, il faut une corrélation avec les symptômes sensoriels, l’attention et le système moteur. Cette hétérogénéité est essentielle pour aborder le TSA dans son amplitude : soit aux niveaux des bornes, soit en convergence.

Une des prochaines étapes de la recherche sera d’identifier des schémas indiciels. Les scores polygéniques qui permettent d’estimer la contribution des variations génétiques fréquentes dans la population au développement de l’autisme, n’ont que des effets assez faibles, il ne s’agit donc pas d’un marqueur puissant à l’heure actuelle.

Le Professeur Marc ABRAMOWICZ, Université de Genève, SUISSE : « La génétique des Troubles du Développement Intellectuel et des biomarqueurs »

« L’intelligence artificielle pour l’étude de biomarqueurs des maladies neurodégénératives », par Stéphanie ALLASSONNIERE, PrAIrie Institute.

La notion du  » jumeau numérique » est présentée et développée : il permet de tester de très nombreux traitements et de choisir le plus efficient. Les biomarqueurs sont ce qu’il est possible d’extraire du jumeau numérique (ex : les courbes de croissance à l’ancienne sur papier étaient les premiers jumeaux « papier »). Il permet de clustériser les patients, d’aboutir à une moyenne, une variance dans la population globale. L’intérêt est évidemment de positionner le biomarqueur dans la dynamique d’une population.  

Les applications sont nombreuses :

En imagerie médicale :

  • Apprentissage d’un organe patient « Modèle » sur données multimodales (IRM, scanners de cerveau, foie ect.)
  • Modélisation d’évolution temporelles de populations hétérogènes par utilisation de données longitudinales

 En génomique :

  • Apprentissage des réseaux de régulation multi-omiques au sein d’une population homogènes ou hétérogènes
  • classification des tumeurs et de leurs réponses aux traitements

Le jumeau numérique sera de plus en plus complet en temps et en variables.

***

Furent présent au GIS MME Sophie BIETTE, membre de l’UNAPEI (Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis), Mme Stef BONNOT-BRIEY, membre de PAARI (association pour personnes autistes), Hélène FRANKIEL, membre de l’Association Xtraordinaire (déficience intellectuelle liée au chromosome X).

Pour aller plus loin :

« Pour la première fois à cette échelle, nous pouvons aller plus loin que la simple association entre un gène et l’autisme. Nous pouvons comprendre l’effet des différentes architectures génétiques de l’autisme sur les différentes composantes de ce syndrome complexe. Ces résultats nous renseignent sur les sous-types d’autisme afin que nous puissions par la suite trouver des accompagnements davantage adaptés à chaque personne autiste », explique Thomas Bourgeron, responsable de l’unité Génétique humaine et fonctions cognitives à l’Institut Pasteur.

En collaboration avec une équipe de Cambridge, des chercheurs de l’Institut Pasteur ont étudié le génome de 24 000 patients autistes. Ils ont étudié la corrélation entre leurs génomes et les différents symptômes des patients, les troubles du développement associés, la présence ou non d’une déficience intellectuelle et le sexe des patients. Les chercheurs ont dans un premier temps défini 6 facteurs principaux de l’autisme. Ils ont ensuite regardé l’effet des mutations de novo et des scores polygéniques sur ces facteurs. Les mutations de novo sont des mutations présentes chez l’enfant autiste ou non autiste mais absente du génome des parents. Les scores polygéniques (PGS) sont calculés à partir d’analyses d’associations génétiques sur génome entier (GWAS) pour différents traits comme par exemple l’autisme, les troubles de déficit de l’attention et de l’hyperactivité (TDAH), ou encore, le nombre d’années d’étude. Un PGS est la somme de tous les effets des variants fréquents dans le génome pour un trait donné. Les personnes avec un PGS élevé pour l’autisme ont une probabilité plus élevée d’être diagnostiquées autistes.

« Les scores polygéniques permettent d’estimer la contribution des variations génétiques fréquentes dans la population au développement de l’autisme. Ces variations génétiques ont des effets très faibles sur l’autisme, les TDAH ou le nombre d’années d’étude, mais il en existe une grande variété et leur effet cumulatif peut augmenter ou diminuer la probabilité d’être autiste ou la sévérité du trouble », explique Freddy Cliquet, ingénieur de l’unité Génétique humaine et fonctions cognitives à l’Institut Pasteur.

Pour lire l’article en entier :  Institut Pasteur – autisme et genetique

– des biomarqueurs pour une médecine de précisionUne médecine d’avenir de précision

– des biomarqueurs pour le diagnostic précoce de l’autisme :Cairn

  • découverte de biomarqueurs épigénétiques dans le sperme du père : Santélog

Rédaction : Claire B.

Le portrait de Gwenaëlle, artiste et musicienne, le parcours d’une atypique à l’émotion qui fait sens

« Je suis tombée sur Gwenaëlle Chastagner-Angei, comme on peut chuter parfois du haut d’un mur au socle parsemé de connaissances que l’on pensait évidentes. Préjugés, certitudes, Gwenaëlle les balaie avec tact. Artiste, musicienne, percussionniste, je pourrais dire aussi « perfectionniste », cette créatrice de sons et de mots a accepté de nous révéler une partie de son chemin de vie, depuis l’adaptation au monde de son enfance, à la révélation du diagnostic de TSA qui s’en est tardivement suivi. Elle recherche activement une collaboration pour mettre en « sons et en sens » son monde musical ; son site web est posté en fin de témoignage. Souhaitons-lui le meilleur et une carrière toute à son image : exaltante !

De l’enfance à l’âge adulte

Je suis née de parents très jeunes, l’un vivant dans les montagnes et l’autre venant de la mer. Ils se sont réunis, et je suis venue au monde à Grenoble, plus exactement à Échirolles. Ma première action a été de briser une première frontière : il n’y avait pas de raison pour que mes parents vivant à Grenoble, je ne naisse pas chez eux ou à l’hôpital. Et pourtant…  Ma deuxième action a été de me retrouver avec un nouveau prénom autre que celui choisi ensemble par mes parents. Mon histoire commença bien. Welcome dans ce bel état civil Libre Juste et Fraternel ! Aujourd’hui, je peux écrire de manière fluide mais ça n’a pas toujours été le cas, on ne le dirait pas comme ça, n’est-ce pas ?  Je peux être bavarde à l’écrit. Un trait « apparemment autistique » selon mon ex-neuropsychologue lorsque je lui écrivais de longs e-mails. J’ai écrit un mémoire qui m’a permis de cheminer vers la parole juste. J’ai eu des difficultés avec la lecture, une dyslexie a été diagnostiquée pendant mon redoublement du CE1.  J’ai beaucoup souffert après l’école. Les devoirs étaient une torture. J’ai beaucoup pleuré avec une maman qui ne savait pas comment faire à part être présente. J’avais beau mettre tous mes efforts et encore des efforts même surhumains, je n’y arrivais pas. Je finissais très souvent hors-sujet, hors-sujet comme étant hors de moi même. « Hors d’une conscience de mon moi et d’un je » Je vivais mon corps comme appartenant au grand tout, sans aucune séparation.

« Je vivais comme hors de la conscience de mon moi et d’un je »

J’ai compris après mes études en école supérieure d’art, qu’il se passait quelque chose avec le langage, et non avec l’apprentissage. Etant très douée en sport, en arts plastiques, en musique ou en cuisine bref ce qui est lié au corps, au manuel ! J’ai compris plus tard que j’avais besoin d’un apprentissage auditif, visuel et kinesthésique ! Ce que bien sûr l’éducation nationale actuelle ne peut permettre, ni en accompagnement ni en cursus classique. Le dessin fut longtemps mon seul outil d’expression directe : je dessinais beaucoup jusqu’à ma première année de lycée, depuis l’âge de tenir un crayon. C’était mon expression libre première ! Il ne se passait pas un jour sans que je ne dessine et au collège, j’ai senti que je pouvais sinon en mourir. Etrange et radical quand j’y repense… Puis on m’a offert l’espace avec la MJC[1] de quartier que je connaissais, une place avec la possibilité de pratiquer la musique ! « Et là j’ai pu m’exprimer d’avantage car je n’ai plus eu à faire avec le silence et le mutisme. » J’ai pu produire des sons ! Je jouais avec d’autres et la pratique musicale m’a permis d’entrer dans leur micro-société, de me faire accepter.

Vous me direz :  mais tu savais pourtant parler ? Oui, c’est exact, je savais parler et répondre du mieux que je le pouvais lorsqu’on me questionnait. Imaginez que je n’avais pas accès à l’analyse, à la distanciation, et même à des pensées ! On m’a diagnostiquée avec une métacognition faible.  Personne ne pouvait remarquer mes difficultés, et le fait que je ne me rendais pas compte d’un moi séparé d’un monde et que dans ce monde il y avait des autres êtres humains différent du vent, des arbres, des animaux, c’était invisible !! Au sein de ma famille, de mon école, j’interagissais par énergie et vibration. Mon premier « je » conscient est apparu dans mon mémoire (met-mot-art). Aujourd’hui, écrire est peut-être sujet à polémique. Je pense que j’étais fusion, à un niveau métaphysique. Mon, je, n’existaient pas. J’étais monde. Pas de différence, je n’imaginais pas de différence possible.  Je parlais et je communiquais avec mes instruments, le piano, la guitare folk puis électrique, la basse, la batterie. J’ai commencé le piano avec une professeure du conservatoire hyper-tactile qui m’a littéralement bloquée pendant 3 ans. J’avais une bonne mémoire mais je ne parvenais pas à la lecture de notes. C’était un peu plus facile avec la flûte à bec soprano au CM2, mais je ne retenais pas, je n’ai pas une grande mémoire. Elle est très sélective et rebelle. Pour résumer, je jouais dans plein de groupes, 5 en tout,  et lors des petits concerts, je jouais tout le temps sur scène. J’avais des appréhensions mais j’étais tellement bien dans le son. Il y a eu aussi le chant, un animateur-musicien avait entendu que j’avais une très bonne oreille et m’a proposé, poussé gentiment à reprendre Polly de Nirvana[2]. Sans le savoir, il m’a permis par ma voix une belle ouverture. J’avais la voix très grave et caverneuse. J’étais très recroquevillé sur moi-même. Ces années-là ont contribué à un début d’épanouissement.

« Je ne me rendais pas compte d’un moi séparé d’un monde et que dans ce monde, il y avait des autres êtres humains différent du vent, des arbres, des animaux, c’était invisible. Il n’y avait pas de différence entre moi et le monde »

Mais ce sont vraiment durant mes années à l’école supérieure d’art que j’ai pris conscience de « mon » corps et que « je » touchais un corps étranger comme « cette » table sur la place Victor Hugo. J’avais alors 22 ans, c’était comme avoir chuté sur « terre ». Première matérialisation ? Ça reste mystérieux pour moi. J’ai beaucoup d’endurance, de ténacité et de pugnacité. J’ai pu après le résultat du diagnostic du 7 juillet 2020 relâcher un peu « ma force de travail et ma sur-adaptabilité ». Toute ma scolarité, j’étais un « électron libre » d’après des élèves. J’étais dans des groupes sans être avec qui que ce soit. Je me laissai voguer ici ou là. Comme Ulysse, ou ma famille Sarde en exile, avec un équipage mais éperdument seule. J’étais vouée à moi-même en suivant mon intuition, mon propre flow. C’est grâce à mon caractère solaire et insulaire, qu’il m’a été possible d’y aller à fond et sans peur dans ma vie. J’ai vécu sans domicile personnel pendant 7 ans. De 2013 à 2020. Et c’est là où cela a pris fin, n’arrivant pas avoir mon premier logement, me voyant sans cesse refusée et avec des obligations pour la perception d’un RSA, que je n’arrivais pas à tenir.  J’ai écrit plus d’une fois des lettres au gouvernement, différentes structures comme la CAF… J’ai bénéficié 3 ans du RSA puis mes droits ont cessés. En 2010, j’ai été repérée en Drôme lors d’une tournée alternative avec un de mes groupes de musique, par un artiste, poète, danseur, performeur[3] suisse. Je suis alors partie une première fois là-bas, et je suis entrée pour trois semaines dans le monde du spectacle vivant. J’y ai été réinvitée en 2014 puis par une autre chorégraphe jusqu’en juin 2020. Tout cela s’est violemment arrêté par une crise survenue en pleine résidence artistique.

J’appris plus tard que j’avais vécu un long shutdown[4], des surcharges sensorielles, émotionnelles…cela a duré deux semaines, paralysée au sol ou dans le noir à souffrir jusqu’à vouloir « me crever les tympans ». Wow mais quelle violence ! J’ai réussi à contacter une deuxième personne laquelle m’a aidée à prendre conscience que ma situation était dangereuse. Une intervenante de la pièce est venue me chercher et m’a mis à l’abri chez elle. Même en montagne, je souffrais, que ce soit le chant des oiseaux, le son des voix, ou bien la lumière (une hyper photosensibilité a été révélée tardivement ; je suis d’ailleurs passée d’ hyposensible à hypersensible). Mon énergie a mis près de deux semaines à redescendre et se stabiliser. J’ai eu la volonté après des recherches d’écrire un dossier à ma façon au C3R de Saint Martin d’Hères[5] pour un diagnostic TSA (Trouble du Spectre Autistique), mes parents habitant encore Grenoble. J’ai dû attendre deux ans avant le premier rendez-vous. Deux ans sans avoir de chambre personnelle ni de propre logement, deux ans dans une grande ville où la pollution et le bruit m’ont affaiblie. Ce fut laborieux, j’ai beaucoup souffert de la chaleur, et d’autres variations de températures. Ayant mes sens vestibulaires et proprioceptifs sensibles. Trop de mouvements de circulations voitures, piétons, vélo, trottinette me déséquilibraient parfois. Il s’agissait de moments dangereux. Encore aujourd’hui avec l’AAH[6], j’ai eu du mal à accéder à un logement. Il existe beaucoup de discrimination. A quand un Homme moins peureux de lui-même et donc des autres, de ceux qui lui sont différents, ceux qu’il appelle étrangers… ? A quand un Etat qui met une priorité pour ceux et celles qui cherchent un logement avec un handicap invisible ? A quand une réelle écoute et action lorsque quelqu’un se doit d’urgence de sortir de sa situation ?

Après le diagnostic

Oui, il y a eu un changement pour moi après le diagnostic, un soulagement, une compréhension de qui je-suis, de mes migraines, de mes comportements. J’apprends sur moi-même, à m’accompagner plus qu’avant et surtout avec bienveillance, avec douceur. J’étais très, trop dure envers moi-même. J’ai eu avec le C3R, un suivi post-diagnostic de six mois avec une neuropsychologue et une assistante sociale, j’étais comprise et accueillie. J’ai eu mon vrai et seul réel accompagnement. J’aurai aimé que ça continue encore et encore. J’ai dû me débrouiller toute seule, deux personnes ont essayé de m’aider, de parler de l’autisme à mon médecin généraliste, et d’introduire une demande de PCH[7] qui m’a été refusée. J’étais alors dans mon premier studio de 20m² grâce à l’habitat inclusif. Ça ne répondait cependant pas à mes besoins comme de cuisiner, de pouvoir avoir de la place pour mes instruments de musique…Puis il y avait les odeurs de cigarette des voisins, avec une trop grande proximité avec des murs en cartons. Je ne pouvais pas non plus gérer seule le thermostat. J’ai souffert comme jamais de la chaleur, je mangeais et je ne dormais presque pas. Mon médecin était désespéré, c’est alors que j’ai réussi avec un soi-disant ami avoir un appart dans une maison en colocation. Cela ne s’est malheureusement pas bien passé, j’ai alors tout fait pour rester à Crest. Je m’y sentais bien avec ma collègue et amie. J’ai fini par déménager dans la Drôme, depuis un an.  Mon trio musical ne pouvait plus me retenir à Grenoble, et ils ont décidé de continuer sans moi. J’ai pu quand même faire sortir notre premier et dernier EP[8], enregistré en Suisse. J’avais alors déjà beaucoup voyagé, été bien accueillie et beaucoup créé de contacts. Ce réseau est toutefois insuffisant pour que mon duo performance musique-danse puisse être pris dans les festivals. Cela suit son cours néanmoins.

J’ai du mal à suivre ou poursuivre autre chose que ce qui m’aspire sur le moment, comme mettre ma collection de drapeaux à la fenêtre. Penser à acquérir une petite moto pour m’aider dans mes déplacements. Pratiquer le qi-gong, le kung-fu, la capoeira. C’est très vite facile de ne pas avoir faim, et de peu manger, boire, dormir. Là je me suis fait voler mon vélo. Ça me donnait envie de sortir et d’aller jouer dans les bosses…je suis désormais perdue sans ce vélo. Mon quotidien, mes difficultés, comment en parler à l’écrit ? Je fais ce que je peux à suivre toutes ces constellations différentes, France Travail pour le permis, appeler le dentiste mais pas avant le 26 août, et j’en oublie plein. J’ai aussi eu l’expérience de ma première relation longue, deux ans avec une personne dont j’ai pu partager le quotidien. Il s’avère qu’elle s’est retrouvée dans le rôle d’aidant. Mais j’ai pu voir pendant deux semaines d’absences de sa part que je peux m’en sortir au quotidien et arrivée à répondre à mes besoins ! Je peux faire le ménage, le marché même si ça me coûte de nombreuses cuillères[9]. Je suis vraiment en vacances dehors au calme mais « mes activités » vont me manquer.  Eternel balancement changeant every day[10]

« Je souhaiterais de la considération, de l’attention envers mon handicap invisible. Je porte alors le cordon vert avec les tournesols »

Je souhaiterai de la considération, de l’attention envers mon handicap invisible. Je porte alors le cordon vert avec les tournesols depuis que j’ai découvert il y a trois ans sur leur site que vous pouvez voir sur une autre page de ce site. Je le porte pour sensibiliser autour de moi et pour avoir de l’aide si besoin sans que je doive m’expliquer. J’espère qu’il sera de plus en plus populaire. Ce n’est pas que pour les personnes avec un TSA mais aussi un TDAH, ou un autre handicap dit invisible. Je voudrais pouvoir ne pas avoir à me sur-adapter en permanence, ça engendre beaucoup de stress et de fatigues au quotidien. Je souhaiterais plus de médiatisation, d’informations au grand public sur le TSA-1 ou le TSA-2. Là où je vis actuellement, c’est mieux bien que la promiscuité avec les voisins bruyants, comme des tremblements de sols inexplicables qui sont parfois pesant, ou encore la machine à souffler les feuilles ou encore les gens qui parlent fort sous la fenêtre, et souvent les bruits de travaux. J’espère encore améliorer mon lieu de vie pour une maison et un petit jardin plus calme. Je pourrai comme ça enfin faire la demande d’un chien d’aide. Je souhaite un accès au logement pour tous et une facilitation pour les personnes ayant un handicap invisible qui comme moi ne peuvent pas travailler même à mi-temps ! Si ça vous intéresse, j’ai commencé un site web ! https://akenatatomburisigui.wixsite.com/ikido

Bon surf ! Et merci d’avoir lu ce roman., Gwenaëlle, artiste musicienne  

[1] MJC : Maison des Jeunes et de la Culture

[2] Date de sortie : 1991 – Artiste : Nirvana – Film : 1991: The Year Punk Broke

[3] Performeur : personne qui « réalise une action » pour un public, à l’image des artistes dont la pratique relève des arts vivants, mais aussi dans un sens plus large, des personnes dont les actions lors d’évènements spécifiques relèvent d’une forme de spectacle ou événement

[4] Shut-Down : le shut-down est l’une des conséquences possibles d’une surcharge sensorielle ou émotionnelle, elle se produit lorsque la personne autiste a essayé de compenser trop longtemps dans un environnement mal adapté. La fermeture se vit comme une explosion ou une implosion émotionnelle et sensorielle de l’intérieur. C’est une fermeture complète de la personne autiste qui advient lorsque les stratégies d’adaptation lors d’un meltdown ne suffisent plus. la personne est surstimulée et ne peut pas s’isoler de la situation ou la gérer par des stratégies mises en place, elle ne va plus être lucide et se renfermer sur elle-même.

[5] Centre référent de réhabilitation psychosociale et de remédiation cognitive, centre de santé mentale ambulatoire

[6] AAH : Allocation aux adultes handicapés

[7] PCH : prestation de compensation du handicap

[8] EP : extended play, disque d’une durée plus longue que celle d’un single et plus courte que celle d’un album


[9] Théorie des cuillères : la légende veut que Christine Miserandino, une activiste atteinte de lupus[1], se trouvait au restaurant avec l’une de ses amies lorsque cette dernière lui a demandé d’expliquer la fatigue engendrée par sa maladie. Miserandino a attrapé une poignée de cuillères dans un présentoir pour les clients, les a présentées à son amie, et lui a demandé d’énumérer toutes ses activités de la journée : un shampoing, des courses, un trajet en bus, des cours, un shift au travail, etc. A chaque activité, Miserandino posait une cuillère, illustrant ainsi comment une personne atteinte de maladie chronique doit rationner son énergie ou risquer de se retrouver dans une situation où elle n’est plus capable de fonctionner. Par la suite, c’est Naomi Chainey qui a théorisé que la théorie des cuillères pouvait s’appliquer aux personnes vivant avec un trouble mental ou social, tant qu’il est bien chronique.

[10] Chaque jour

L’appellation d’autisme de haut niveau, inappropriée pour une approche clinique de l’autisme

Il est devenu usuel d’entendre parler « d’autisme haut niveau » et de Haut Potentiel Intellectuel, lesquels seraient en quelque sorte des autismes « moins préoccupants », qualifiés encore d’autismes « légers ». En effet, de prime abord le sujet autiste non verbal ou manifestant une stéréotypie très marquée aurait tendance à orienter spontanément ses interlocuteurs vers un autisme dit « dur », à distinguer des autistes légers au handicap moins visible.

Les résultats longitudinaux varient en effet considérablement au sein des individus dits « de haut niveau de fonctionnement », allant de l’isolement social, du chômage et d’une autonomie limitée, à la réalisation de relations sociales significatives, d’accès à l’emploi et à une plus grande autonomie » (Magiati, Toy et Howlin, 2014).

En réalité, seule la notion de comportements adaptatifs (faisant référence aux compétences sociales et à l’autonomie dans la vie quotidienne) devrait être prise en comptes pour déterminer l’autisme. Ces compétences sont catégorisées dans plusieurs domaines : la communication verbale et non verbale, la socialisation (développer et maintenir des relations), les actes de vie quotidienne (participer à la communauté, prendre soin de soi).

Chez la population autiste, il n’y pas de corrélation entre les scores du niveau cognitif et le niveau de fonctionnement adaptatif, au contraire de la population des neurotypiques. Or dans de beaucoup de pays, le niveau de soutien dont bénéficient les personnes autistes est au moins partiellement basé sur une évaluation du niveau cognitif (Bowen, 2014). En outre, de récentes études ont confirmé l’impact de l’âge sur le fonctionnement adaptatif des personnes autistes (Chatam et Al., 2018).

En conclusion, ce sont les critères d’une évaluation fonctionnelle qui devraient être seuls pris en compte, et non ceux du QI , pour l’exigibilité aux services d’aide que proposent les pays. L’emploi du terme « autisme de haut niveau »  ou de « haut fonctionnement » est un mauvais descripteur lorsqu’il est uniquement basé sur le QI, et ne doit pas être utilisé dans les pratiques cliniques ou recherches pour déduire les capacités fonctionnelles des personnes autistes.

Ces appellations sont en outre pénalisantes, refusant des soutiens à ceux présumés avoir une plus grande capacité fonctionnelle, et restreignant davantage les possibilités d’autonomies à ceux classés comme « à faible fonctionnement ». Au lieu de cela, les chercheurs devraient s’efforcer d’articuler les phénotypes spécifiques : la délimitation de sous-types spécifiques et leur effet sur le fonctionnement permettraient d’avoir une vision plus globale des compétences de la personne.


[1] « The misnomer of « high functioning autism » : intelligence is an imprecise predictor of functional abilities at diagnosis, Alvares GA, Bebbington K, Cleary D, et al. Autism 2020 ;24(1) : 221-232 – Source : comprendrelautisme.com pour voir l’article dans sa publication originale c’est ici

Une sensibilisation systématique aux T.N.D

Une personne sur 6 est sujette à un trouble du neurodéveloppement, ce qui représente presque 17% de la population. Face aux nouveaux défis que constitue cette donnée statistique, une mesure publique de large envergure a enfin été prise par les pouvoirs publics, sous l’égide du Président de la République M Macron et la ministre déléguée chargée des Personnes âgées et des Personnes handicapées, MME Fadila Khattab.

Dans le cadre de la politique de stratégie 2023/2027 pour les troubles du neurodéveloppement, les nouveaux carnets de santé imprimés dès le printemps 2024 contiennent désormais l’intégralité du guide « Détecter les signes d’un développement inhabituel chez les enfants de moins de 7 ans » lequel consiste en une grille de 20 pages à remplir avec l’aide de son médecin. Les questions portent sur quatre domaines : motricité globale, motricité fine, langage oral et socialisation. Ce bilan sera aussi mis en œuvre pour tous les enfants de 0 à 6 ans lors des visites médicales obligatoires, en libéral et dans les écoles maternelles.

La première version du guide était parue en 2020 : plus de 68000 enfants ont ainsi été diagnostiqués précocement. Nous vous conseillons en tant que parents à vérifier la bonne mise en application de ce diagnostic par votre médecin pédiatre ou médecin généraliste dès le plus jeune âge de votre enfant. En effet, certaines formes dites « légères » ou compensées par des aptitudes cognitives élevées peuvent masquer au cours de la petite enfance certains traits propres aux TND et être difficilement repérables, d’autant si vous êtes fraichement parents. Seuls des critères précis et cumulés peuvent aboutir à l’assurance d’une particularité.

Par suite, une prise en charge adaptée peut donner de très bons progrès et participer à la réussite scolaire et au bien-être affectif et comportemental de votre enfant.

L’autisme, grande cause de la mandature du Val-de-Marne

[ Source originale vers le site du Val-de-Marne : lien ]

À l’échelle nationale, les troubles du spectre de l’autisme (TSA) représentent environ 1% des naissances. Dans le Val-de-Marne, ce sont près de 6 500 personnes, sur les 115 000 ayant un droit à la Maison Départementale des personnes handicapées (MDPH) qui présentent un TSA : dont au moins 10% d’enfants.

« Sollicité par des familles sans réponse ou solution j’ai décidé de faire de l’autisme la grande cause de mon mandat afin de répondre le mieux possible à leurs besoins – Olivier CAPITANIO, président du Département du Val-de-Marne »

L’élaboration d’un Plan Autisme départemental 2023-2028

Élaboré avec la participation des aidants, des associations et de tous les acteurs du handicap, le plan Autisme  vise à faciliter chacune des étapes du parcours de vie des personnes présentant des TSA et de leurs aidants, en proposant des actions sur tous les champs utiles à leur épanouissement, tout au long de leur vie.

Par la suite, le suivi de ce plan se fera via un Comité d’experts composé : de personnes autistes, de proches aidants de personnes concernées et d’associations spécialisées.

Un plan d’action basé sur 4 priorités

S’appuyant sur les compétences départementales, le plan Autisme cible tous les âges de la vie (de la petite enfance à l’âge adulte) et s’organise autour de quatre priorités :

  • favoriser la connaissance des troubles du spectre de l’autisme par le grand public, par les professionnels, par les employeurs afin de changer le regard de la société sur les personnes concernées ;
  • encourager le dépistage précoce notamment au sein des 71 centres de protection maternelle et infantile (PM) du territoire ;
  • faciliter le parcours des personnes présentant des TSA, de la scolarisation à l’embauche jusqu’au maintien dans l’emploi ;
  • renforcer la dynamique du territoire pour développer des solutions adaptées aux besoins et aux attentes de la population (créations de places, ouverture sur des bonnes pratiques repérées ailleurs, y compris à l’étranger, renforcement de la coordination médico-social/sanitaire).

L’évolution de la définition de l’autisme

En 1911, Eugen BEULERT reprend le concept d’auto-érotisme freudien (auto = repli sur soi) sans l’éros pour former le terme « autisme ». BEULERT ne reçoit pas d’enfant, ce terme est donc utilisé pour désigner les sujets adultes présentant de la schizophrénie. Ce vocable est ensuite réutilisé par les psychiatres Leo KANNER et Hans ASPERGER en 1943, pour les enfants présentant des troubles infantiles.

KANNER distingue le trouble du spectre autistique et identifie les premiers marqueurs : le retrait autistique (la « bulle » autistique), le besoin d’immuabilité, les stéréotypies, les troubles du langages avec valeur communicative faible ou des particularités, et une intelligence normale. Il pointe en premier lieu du doigt les familles peu aimantes, puis change d’avis et se tourne vers une hypothèse biologique. KANNER est l’un des premiers à promouvoir le travail avec les familles comme Co thérapeutes. ASPERGER étudie davantage les bizarreries infantiles et détecte des « génies ». Bien que travaillant sur les mêmes thématiques, KANNER et ASPERGER ne se sont jamais rencontrés.

L’unité des travaux des deux psychiatres a été réalisée par Lorna WING, et l’autisme est alors séparé du groupe des schizophrénies dans les classifications internationales. Elle analyse davantage l’origine neurobiologique de l’autisme. On identifie depuis l’autisme par une triade : trouble de la communication et du langage, troubles des interactions sociales, comportements répétitifs).

De nos jours, l’autisme est défini par le Trouble du Spectre Autistique, et est reconnu comme étant un trouble neurodéveloppemental : il regroupe le TSA, le trouble DYS, TDAH, TDI et les troubles moteurs.

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