Un retard lié à l’approche psychanalytique
La recherche avance rapidement depuis ces dernières années, après un retard important lié à la prise en charge de l’autisme par la psychanalyse, théorie du fonctionnement psychique développée par le Dr Sigmund Freud à la fin du XIXe siècle.
L’influence de la psychanalyse dans certains secteurs de la pédopsychiatrie française a contribué à retarder l’adoption d’approches diagnostiques et éducatives fondées sur les données scientifiques, à travers des modèles psychodynamiques ou psychanalytiques. L’autisme pouvait alors être envisagé comme un trouble de la relation ou de la construction psychique, alors qu’au niveau international la recherche s’orientait de plus en plus vers une compréhension neurodéveloppementale.
Le tournant de 2012
Les recommandations de la HAS et de l’ANESM publiées en 2012 ont marqué une rupture importante. Elles ont placé les interventions éducatives et développementales au cœur de l’accompagnement et ont considéré certaines pratiques d’inspiration psychanalytique comme non consensuelles, faute de preuves suffisantes de leur efficacité.
Depuis, les recommandations françaises se sont progressivement rapprochées des standards internationaux. Les recommandations actualisées de 2026 réaffirment cette orientation fondée sur les connaissances scientifiques actuelles.
La Stratégie Stratégie nationale pour l’autisme au sein des troubles du neurodéveloppement (2018-2022)
Les principaux enjeux de cette stratégie nationale étaient de transformer le parcours de vie des personnes autistes et de favoriser leur inclusion à tous les âges de la vie. La stratégie s’articulait autour de 5 grands engagements : intervenir précocement auprès des enfants – garantir la scolarisation des enfants et des jeunes – soutenir les familles – favoriser l’inclusion des adultes – développer la recherche et la formation.
La Stratégie Stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement (2023-2027)
Le gouvernement reconnaît que malgré les progrès accomplis depuis 2018, de nombreux obstacles continuent de compliquer le parcours des personnes autistes, TDAH, DYS ou présentant un TDI. De nombreuses personnes, notamment les adultes, connaissent une errance diagnostique pouvant durer plusieurs années. Certaines ne sont jamais diagnostiquées et n’accèdent donc ni aux accompagnements ni aux aménagements adaptés.
L’accès aux professionnels formés, aux centres de diagnostic et aux accompagnements reste très variable selon les régions. Certaines familles doivent parcourir de longues distances ou attendre plusieurs mois avant d’obtenir une évaluation. La stratégie souligne que les connaissances sur les TND demeurent insuffisamment diffusées dans plusieurs secteurs : santé, éducation nationale, enseignement supérieur, emploi, médico-social et services publics.
Malgré les progrès de l’école inclusive, de nombreux élèves rencontrent encore : ◆ des difficultés d’accès aux adaptations pédagogiques ◆ Un manque de personnels formé ◆ Des ruptures de parcours ◆ Des difficultés lors des transitions entre les différents niveaux de scolarité ◆ Méconnaissance des troubles du neurodéveloppement, préjugés et représentations erronées dans la société ◆ Une insuffisance des connaissances scientifiques diffusées sur le terrain et difficulté à faire évoluer certaines pratiques professionnelle
Les recommandations de la haute autorité de santé (HAS) dans un communiqué du 12 février 2026
La HAS rappelle que le TSA est un trouble du neurodéveloppement qui se manifeste le plus souvent dès la petite enfance et qu’un repérage précoce permet de mettre en place des interventions adaptées. Elle recommande des interventions précoces, développementales et comportementales, portant notamment sur la communication, les habiletés sociales, l’autonomie, la motricité et la sensorialité.
Les interventions doivent être individualisées, coordonnées par une équipe pluridisciplinaire et évaluées régulièrement avec la participation de la famille. Les Les interventions doivent être individualisées, coordonnées par une équipe pluridisciplinaire et évaluées régulièrement avec la participation de la famille.
Les interventions doivent être individualisées, coordonnées par une équipe pluridisciplinaire et évaluées régulièrement avec la participation de la famille. Les interventions doivent être individualisées, coordonnées par une équipe pluridisciplinaire et évaluées régulièrement avec la participation de la famille.
La HAS insiste sur le rôle central des parents et reconnaît leur expertise dans l’élaboration du projet d’accompagnement.
Lire le communiqué du 12 février 2026 de la HAS dans sa version complète
Qu’est-ce que la Pair-aidance ?
La pair-aidance repose sur l’entraide entre personnes partageant une expérience de vie similaire. Dans le champ du handicap, de l’autisme ou des troubles du neurodéveloppement (TND), elle consiste à faire intervenir une personne concernée, ou parfois un proche aidant, pour soutenir d’autres personnes confrontées à des situations comparables.
La Stratégie nationale 2023-2027 pour les troubles du neurodéveloppement encourage explicitement le développement de la pair-aidance et de l’autoreprésentation des personnes concernées. L’objectif est de renforcer leur pouvoir d’agir et leur participation aux décisions qui les concernent.