Les recommandations des bonnes pratiques professionnelles de la HAS

Le cerveau des individus neuroatypiques (par opposition aux individus neurotypiques) rencontrent une maturation différente. Chez tout individu, le développement du cerveau après la naissance connait un réseau de synapses2 intense qui se met en place : le cerveau des bébés est en quelque sorte, hyperconnecté. Au fur et à mesure que l’enfant grandit, un mécanisme naturel d’élagage des synapses inutiles se met en place, ne conservant que celles utiles. Chez les enfants autistes, ce mécanisme ne fonctionne pas, en raison de l’activité du protéine, mTOR, laquelle inhibe la disparition des synapses. En moyenne, des recherches ont constaté jusqu’à > 40% de synapses en plus dans le cerveau d’un jeune adulte autiste. Dans le TDAH, des neurotransmetteurs sont dysfonctionnels : on a pu constater un déséquilibre entre les productions du système dopaminergique, et de la noradrénaline. De même, le lobe frontal, responsable de fonctions supérieures, comme l’inhibition, la planification et la modulation des réponses, et le striatum, serait défaillants.

Les recommandations des bonnes pratiques professionnelles sont publiées par la Haute Autorité de Santé française, pour promouvoir un accompagnement de qualité des personnes autistes ou TDAH

La Haute Autorité de Santé (HAS) publie des recommandations pour promouvoir un accompagnement de qualité des personnes relevant du trouble du neurodéveloppement : l’objectif est de proposer un accompagnement personnalisé à chaque personne avec un trouble du spectre autistique (TSA) ou trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) afin d’améliorer son bien-être et ses compétences. Ces recommandations visent aussi à identifier et mieux gérer les comportements inadaptés. Un guide méthodologique décrit les étapes et les modalités d’élaboration des RBPP pour le secteur social et médico-social.

Ces recommandations ont été établies par la Commission de l’évaluation et de l’amélioration de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux[1] (CSMS).

De quoi s’agit-il ? Les recommandations de bonnes pratiques professionnelles (RBPP) pour le secteur social et médico-social sont des propositions développées méthodiquement pour permettre aux professionnels du
secteur de faire évoluer leurs pratiques afin d’améliorer la qualité des interventions et de
l’accompagnement. Elles reflètent le consensus autour de l’état de l’art et des connaissances à un moment donné. Elles ne sauraient dispenser les professionnels d’exercer leur discernement dans l’élaboration et le choix de
l’accompagnement qu’ils estiment le plus approprié, en fonction de leurs propres constats et des
attentes des personnes accompagnées.
Elles ont pour objectif de mettre à la disposition des professionnels des repères, des orientations, des
outils pour :
‒ développer les organisations, les actions et les postures permettant de proposer
l’accompagnement le mieux adapté dans des circonstances données
‒ mettre en œuvre la démarche d’amélioration continue de la qualité
Elles doivent donc être distinguées des standards et des normes qui définissent des critères
d’évaluation.
Elles peuvent aussi être utilisées dans le cadre de la formation initiale et continue des professionnels.

Dans le moteur « recherche » du site de la HAS, si vous tapez le mot « autisme », vous aboutirez à 227 ressources, et pour le mot « TDAH », à 65 ressources.

Parmi les indispensables, je vous invite à lire :

  1. TDAH de novo : si traumatisme dans des régions cérébrales spécifiques ↩︎
  2. SYNAPSE : zone située entre deux neurones (cellules nerveuses) et assurant la transmission des informations de l’une à l’autre ↩︎

Accompagnement pour les épreuves du baccalauréat blanc

Bonjour, je me présente, je m’appelle Julie et je suis AESH. J’accompagne à ce titre une jeune fille en classe de première, Valérie, et je vous livre ce jour mon témoignage d’Accompagnante d’Elève en Situation de Handicap.

En classe de première, les établissements organisent tout au long de l’année des entrainements au baccalauréat, à l’écrit et à l’oral. Mon élève bénéficie d’adaptation, un tiers temps en l’occurrence : l’épreuve écrite dure 5 heures et 20 minutes au lieu des 4 heures pour les autres élèves. Mon rôle est d’être la secrétaire de mon élève, c’est à dire que j’écris pour elle, sous sa dictée.

La veille de l’épreuve, je me suis assurée que Valérie connaissait bien la salle où nous allions composer le lendemain. Nous échangé ensemble librement et elle a ainsi pu se préparer psychologiquement, et repérer les lieux. D’une manière générale, tous les élèves bénéficiant d’un tiers temps sont regroupés en une même salle. Le jour de l’épreuve blanche arrivé, nous sommes en vraie conditions d’examen : sac à dos mis de côté, téléphone portable éteint, montre connectée interdite, copies de bac à utiliser ect Les sujets nous sont ensuite distribués, parfois en double exemplaire, ce qui nous permet de travailler le texte chacun de notre côté. Mon aide va consister à lire le texte pour mon élève, car la lecture en autonomie peut parfois lui être difficile. Nous prenons le temps de lire, voire relire l’extrait, et ainsi s’assurer que le vocabulaire est compris. Si ce n’est pas le cas, j’essaie d’expliquer, de trouver des synonymes. Vient ensuite le choix du sujet, dissertation ou commentaire. Je lui demande si la consigne est claire, si les mots employés sont compris, quitte à reformuler. Une fois le choix du sujet arrêté, comme j’écris pour elle, nous commençons alors la prise de notes pour l’introduction, avec l’exercice difficile qui consiste à trouver une problématique ainsi que les deux ou trois axes attendus. Nous travaillons ensuite à compléter le plan avec des citations du texte, des explications et ses connaissances, de cours ou personnelles. Je veille également à ce Valérie puisse bouger librement dans la salle, se dégourdir les jambes, s’hydrater ou aller aux toilettes. Nous prenons aussi le temps d’une courte pause afin qu’elle puisse grignoter, afin de recharger ses batteries car l’épreuve est longue, en assiduité et concentration. Je sais que cet exercice lui demande un réel effort. Nous reprenons ensuite, et voyons si des passages sont à modifier, d’où de fréquentes relectures à haute voix de notre brouillon. Puis nous finissons par la conclusion où nous essayons de reprendre ce qui a été dit précédemment sans oublier de trouver une ouverture. Tout cela demande une énergie incroyable à Valérie, qui doit remobiliser ses connaissances, essayer d’organiser son propos tout en étant clair et en utilisant le vocabulaire idoine. Après une dernière relecture du brouillon, je passe alors à la rédaction/écriture sur la copie. Je relis une dernière fois à haute voix, à Valérie, ce qui lui permet de me dire s’il y a d’ultimes modifications à effectuer, et pour ma part, de vérifier mon orthographe. Nous pouvons alors rendre la copie.

Le tiers-temps lui permet de « prolonger » sa pause déjeuner (accord de la direction), les cours reprenant à 14 heures, pur se reposer et reprendre des forces.

Pour l’oral de français, Valérie bénéficie aussi d’un tiers temps : il lui permet la rédaction de notes suite au texte du programme en cours choisi par le professeur, analyser la question de grammaire donnée, et parler aussi du livre de lecture complémentaire choisi par l’élève. Selon le profil de l’élève, il est possible que la liste des textes soit réduite, elle est généralement d’une quinzaine de textes (poésie, théâtre, littérature).

Le jour de l’épreuve orale, nous sommes convoquées tôt le matin, ce qui est une bonne chose pour Valérie, sa concentration étant à son maximum. Nous avons eu la chance de tomber sur un texte qu’elle appréciait, la rédaction des notes fut donc aisée, sans « blancs ». Nous avons dû nous organiser car le temps est compté : rédaction de notes rapides , d’une introduction et d’une problématique, puis la conclusion et son ouverture. Enfin, nous nous sommes concentrées sur les axes a bien compléter. Je consultais ma montre en permanence, le temps passe très vite. Comme je rédige pour Valérie, je veille à n’utiliser que des recto de feuilles, je ne mets que quelques mots clés, j’aère au maximum et je mets des couleurs pour bien séparer les différentes parties. Nous sommes ensuite passé à la partie de l’épreuve de grammaire, et avons essayé de faire au mieux, car la question lui paraissait compliquée. Lors de l’interrogation orale, j’ai eu la possibilité de rester à ses côtés, et lui passer les feuilles au fur et à mesure afin que ses propos soient les plus justes possibles.

Voilà pour mon témoignage, j’espère qu’il convaincra de l’utilité de notre profession qui mérite d’être mieux connue et appréciée.

Le DSM-5 : Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders

Il s’agit d’un manuel médical et statistique.

Le DSM a été créé dans le but d’unifier le diagnostic des troubles psychiatriques. les professionnels de la santé sont censés utiliser les critères diagnostics du DSM afin de déterminer si leurs patients sont atteints ou non d’un trouble de santé mentale. Pour vous le procurer, cliquez-ici

La première version du DSM a été publiée en 1952. Le manuel a ensuite été actualisé pour refléter l’évolution des connaissances des troubles psychiatriques. Le DSM a énormément changé depuis sa première publication. Au fil de temps, il y a eu 5 DSM publiés :

  • DSM-I, publié en 1952 et contenant 60 diagnostics.
  • DSM-II, publié en 1968 et recensant 145 troubles de maladie mentale.
  • DSM-III, publié en 1980, avec une version révisée publiée en 1987. La version révisée identifiait 292 diagnostics.
  • DSM-IV, publié en 1994 et contenant 410 troubles psychiatriques. Une version révisée de ce DSM, le DSM-IV-TR a été publié en 2000.
  • DSM-V, publié en mai 2013, qui est aujourd’hui la version utilisée par les professionnels de la santé.

La version la plus récente du DSM décrit des centaines de troubles mentaux répartis dans plus de 20 catégories comme les troubles dépressifs, les troubles anxieux, les dysfonctions sexuelles, les troubles dissociatifs et les troubles neurodéveloppementaux.

La version 5 du DSM a fait naitre une controverse importante au sein de la communauté de scientifiques et de professionnels s’intéressant à la thématique de l’autisme car elle abandonne les anciennes sous catégories, au profit d’un unique spectre avec une qualification de l’intensité des troubles . Le syndrome d’Asperger disparait, ce qui a entrainé de vives critiques de la part de cette communauté (dont l’identité trouvait sa source dans l’ancienne catégorisation), mais aussi de la part des psychiatres et psychologues spécialisés.

On ne parle plus de triade autistique mais de dyade autistique et abandonne la dénomination en vigueur dans le DSM-4 et la CIM-10, les Troubles Envahissants du Développement (TED) disparaissent au profit des Troubles du Spectre de l’Autisme (TSA).

Dans le DSM-5, les TSA regroupent l’ensemble des diagnostics précédents suivants : les troubles autistiques, le syndrome d’Asperger, les troubles désintégratifs de l’enfance et les troubles envahissants du développement non spécifiés ou autre TES. Le syndrome de Rett disparait de cette catégorie.

Le diagnostic précise trois niveaux de sévérité de l’autisme :

Niveau 1 : nécessite un soutien

Communication sociale : sans soutien en place, déficits au niveau de la communication sociale provoquant des déficiences notables. Difficulté à initier des interactions sociales, exemples clairs de réponse atypique ou échec aux ouvertures sociales des autres. Semblance d’un intérêt diminué pour les interactions sociales.

Comportements répétitifs et restreints : inflexibilité du comportement, interférence significative avec le fonctionnement dans un ou plusieurs contextes. Difficulté de commutation entre les activités. Problèmes d’organisation et de planification entravant l’indépendance.

Niveau 2 : nécessite un soutien important

Communication sociale : déficits marqués au niveau des compétences de communication sociale verbales et non verbales. Atteintes sociales apparentes, même avec supports en place. Initiation limitée des interactions sociales, avec réponses réduites ou anormales aux ouvertures sociales des autres.

Comportements répétitifs et restreints : Inflexibilité du comportement, difficultés à s’adapter au changement. D’autres comportements restreints / répétitifs assez fréquents pour être évidents à l’observateur occasionnel et interférer avec le fonctionnement dans plusieurs contextes. Mise au point ou l’action détresse et / ou des difficultés à changer.

Niveau 3 : nécessite un soutien très important

Communication sociale : de graves déficits au niveau des compétences de communication sociale verbale et non verbale, provoquant des déficiences graves dans le fonctionnement. Initiation très limitée des interactions sociales et une réponse minimale aux avances sociales des autres.

Comportements répétitifs et restreints : manque de souplesse des comportements, difficulté extrême à faire face au changement ou d’autres comportements restreints / répétitifs interférant nettement avec le fonctionnement dans tous les domaines et grande détresse / difficulté à changer d’orientation ou d’action

L’évolution de la définition de l’autisme

En 1911, Eugen BEULERT reprend le concept d’auto-érotisme freudien (auto = repli sur soi) sans l’éros pour former le terme « autisme ». BEULERT ne reçoit pas d’enfant, ce terme est donc utilisé pour désigner les sujets adultes présentant de la schizophrénie. Ce vocable est ensuite réutilisé par les psychiatres Leo KANNER et Hans ASPERGER en 1943, pour les enfants présentant des troubles infantiles.

KANNER distingue le trouble du spectre autistique et identifie les premiers marqueurs : le retrait autistique (la « bulle » autistique), le besoin d’immuabilité, les stéréotypies, les troubles du langages avec valeur communicative faible ou des particularités, et une intelligence normale. Il pointe en premier lieu du doigt les familles peu aimantes, puis change d’avis et se tourne vers une hypothèse biologique. KANNER est l’un des premiers à promouvoir le travail avec les familles comme Co thérapeutes. ASPERGER étudie davantage les bizarreries infantiles et détecte des « génies ». Bien que travaillant sur les mêmes thématiques, KANNER et ASPERGER ne se sont jamais rencontrés.

L’unité des travaux des deux psychiatres a été réalisée par Lorna WING, et l’autisme est alors séparé du groupe des schizophrénies dans les classifications internationales. Elle analyse davantage l’origine neurobiologique de l’autisme. On identifie depuis l’autisme par une triade : trouble de la communication et du langage, troubles des interactions sociales, comportements répétitifs).

De nos jours, l’autisme est défini par le Trouble du Spectre Autistique, et est reconnu comme étant un trouble neurodéveloppemental : il regroupe le TSA, le trouble DYS, TDAH, TDI et les troubles moteurs.

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