Les Rencontres Internationales de l’autisme – RIAU

Ces deux journées des 11 et 12 octobre 2024 furent un temps consacré à l’autisme et aux TND via les partenaires internationaux. Des exposants, des ateliers et des conférences, sur un bel espace dédié au sein de la Cité des Sciences et de l’Industrie, Porte de la Villette, à Paris.

Des exposants spécialisés venus du monde entier

L’avantage d’un salon, c’est de faire de belles rencontres. Des outils dédiés aux troubles du neurodéveloppement : l’association tasolutionautisme présent des supports éducatifs et ludiques, pour les personnes à besoins particuliers. Sous forme de fascicules numériques à acheter sur le site puis à télécharger, et à imprimer chez soi, les bénévoles proposent des outils sous la forme de kits méthodologiques définissant des procédures (performances scolaires, langage et communication, vie quotidienne, compétences sociales ect..) avec des notices d’utilisation et des tableaux d’évaluation permettant de vérifier les acquis et vérifier la progression. Destinés aux professionnels mais aussi aux parents, le prix des kits est très abordable (de 5 à 8 € en moyenne). Pratique et ludique, à recommander pour tous.

Les temps forts du salon

La lutte contre les violences faites aux personnes porteuses de handicap, par la voix déterminée de Marie RABATEL : « Cassée debout », « le film » qui raconte l’autisme de l’intérieur. Une vie bouleversée et bouleversante, celle d’une femme autiste non verbale devenu communicante et désormais actrice pour dénoncer une omerta du viol. La petite voix intérieure est devenue adulte, elle ose se raconter et briser le silence : ce monde intérieur plus grand que les autres, qui face au crime subi se brise un peu plus et fait émerger la conscience de ce qui était inaudible. Les mots sont plus forts et dénoncent, ils crient justice.

ASF, c’est un réseau de 51 associations qui soutiennent et accompagnent plus de 5000 familles, enfants, adolescents et adultes.

Chaque année, le réseau associatif publie un rapport d’activité. Celui de 2023 est disponible ici


Le Groupe d’Action bruxellois milite pour une place pour tous : ce groupe de pression est composé de parents, professionnels et de sympathisants. Il s’occupe exclusivement des personnes handicapées de grande dépendance, prises en charge par leurs famille et parents vieillissants. Campagnes médiatiques d’influence, et fiches juridiques, c’est ici


Idéma propose du matériel sportif adapté handisport et pour personnes à handicap divers. Présentation innovante au salon : le vidéoprojecteur . Sur un mur sombre, l’application projetée permet un jeu totalement interactif et de mobiliser les compétences cognitives et motrices : mathématiques, histoire, jeux de rapidité, jeux de contact, tout est prévu par l’application laquelle promet une quasi immersion.


Cette technique se démarque du massage traditionnel par son adaptation spécifique aux enfants à besoin particuliers. Elle repose sur l’étude du Dr Nathalie POIRIER, psycho et neuropsychologue, du département de psychologie de l’Université de Québec, à Montréal. La technique consiste à des pressions profondes qui ont un impact sur le système proprioceptif : cette stimulation contribue à l’apaisement global du système nerveux. Développée par Mélissa BOULANGER, autiste, mère d’enfants TSA, elle collabore avec la Fédération Québécoise de l’autisme comme conférencière invitée et chroniqueuse littéraire pour le leur centre de documentation. Elle est formatrice internationale de la technique brevetée.

Alastor est une école spécialisée DYS/TSA/TDAH sise au 51, avenue Danielle Casanova, 94200 Ivry-Sur-Seine. Tout enfant n’ayant pas trouvé sa place dans le système éducatif classique peut rejoindre Alastor, établissement hors contrat, lequel propose une valorisation des aptitudes artistiques et sportives, autant que les compétences scolaires. L’équipe pédagogique est composée de 4 professeurs des collèges et d’un professeur d’EPS. Des professionnels de santé sont présents (ergothérapeutes, psychologue et orthophoniste). https://www.alastor-education.fr/


Dans un contexte d’évolution permanente de la société et dans le respect des valeurs qui ont présidé à sa création, l’Institut Marie-Thérèse Solacroup met en œuvre des actions innovantes, adaptées et inspirantes, au service de sa mission et des jeunes qu’ils accompagnent. Née en 1892, Marie-Thérèse Solacroup consacre toute sa vie à l’assistance et aux actions sociales, particulièrement en faveur de l’enfance et de la jeunesse. Désireuse de voir son œuvre se poursuivre, elle demande à Monsieur Dufresne de créer une fondation, à laquelle elle décide de léguer son patrimoine immobilier. En 1970, la Fondation Solacroup-Hébert reconnue d’utilité publique, est ainsi créée au service de l’éducation, de la formation et de l’insertion professionnelle des publics en difficulté, à travers 4 associations loi 1901 ; une maison d’enfants (MECS) Notre-Dame du Roc, la maison Ker Antonia pour des enfants et des mères confrontés aux violences conjugales, l’Institut Marie-Thérèse Solacroup (IMTS), un centre de formation et Solatypic, une agence web adaptée. Depuis 1997, date de sa création, l’Institut met en œuvre des actions de formations et d’insertion professionnelle. Reconnu par les services de l’Etat depuis 2018 comme centre de formation professionnelle et par apprentissage, ainsi que comme centre d’examens pour l’obtention de certifications professionnelles, l’institut a ouvert ses premières formations certifiantes dans le domaine numérique en 2019.

Le Makaton a été introduit en France en 1995 par l’association Avenir Dysphasie France (AAD France). Une association AAD Makaton (loi 1901) a été créée en 1997, elle est composée de parents et de professionnels. Le Makaton est un programme utilisé dans de nombreux pays comme l’Angleterre. Il permet aux enfants et adultes qui présentent des troubles de la communication et de compréhension de mieux communiquer, comprendre, échanger. A ce jour, plus de 2000 professionnels et parents sont formés chaque année, et 800 formations réalisées dans les établissements. Pour découvrir le site et l’association c’est ici

Le robot LEKA. J’ai participé à l’atelier « danse avec Leka », sans avoir pu assister aux reste des démonstrations. La promesse est une interaction sociale par le biais d’ un large choix de contenus éducatifs (Ipad, robot, cartes magiques ect..) facilitant les apprentissages (genralisation, discrimination , communication, tour de rôle, interactions sociales, inhibition, motricité fine ect..) avec plus de 150 activités clés en main. APF France handicap travaille actuellement sur le robot pour stimuler l’éveil des enfants en situation de handicap.

Pour visiter le site : https://leka.io/

Specialisterne est la première entreprise au monde à avoir envisagé l’autisme comme une variation cognitive susceptible d’enrichir la société et le monde du travail. Depuis une vingtaine d’années, l’association met en relation des candidats au profil neuroatypiques avec des entreprises d’innovations et stratégies (Deloitte, Airbus, Accor, Thales, ACMS ect.). https://fr.specialisterne.com/

OTO, le fauteuil à étreindre : le fauteuil se gonfle et se resserre doucement sur le corps, il permet de mieux connaitre son corps et de diminuer l’anxiété. utilisé en séance de psychomotricité, lors d’un travail d’intégration sensorielle ou pour aider à gérer des situations de sollicitations intenses. Commercialisé par l’association LABAA, en partenariat avec le CHU de Tours pour la conception et la réalisation d’une étude clinique sur les bienfaits du fauteuil. https://www.audrainalexia.com/


Des conférences et des ateliers pratico-pratiques

Je ne peux tout mettre sur ce blog, mais le RIAU ce sont aussi des rencontres très émouvantes.

Celle de l’Association Asperger Aide France, avec sa fondatrice Elaine Hardiman-Taveau, anglo-saxonne, pionnière en France sur la mobilisation pour les autistes relevant de l’autisme asperger. Pour voir son interview sur le site planete-douance.com, c’est ici Pour découvrir et rejoindre son association, inscrire votre enfant en vue d’un diagnostic ou aux cours d’habilités sociales, cliquez sur AspergerAIDEFrance

La projection du film « En attendant Zorro« , de la réalisatrice Sarah Moon Howe. Lucas, éducateur spécialisé, incarne le rôle de Zorro : il intervient là où les pouvoirs publics belges, les institutionnels, ont abandonné. Lucas est devenu le seul lien social de certaines familles, qui vivent en quasi autarcie avec leur enfant autiste. C’est un film puissant, qui dénonce l’inertie de notre société, autant qu’il démontre le monde des possibles dès lors que l’on intervient dès le plus jeune âge, auprès des enfants et avec conviction. Lucas est une pépite d’humanité, je vous recommande absolument de voir ce film. Contacter la réalisatrice : sarah@sarahmoonhowe.com

Je ne peux tout écrire, la suite en images, mais vous l’aurez compris, le RIAU, c’est un lieu de rencontre et d’échanges entre autistes et non autistes. J’encourage toutes les personnes qui sont intéressées sur le sujet à nous rejoindre sur ces moments de rencontres, vous en ressortirez déjà plus instruits, mais aussi je vous le souhaite, convaincus par la nécessité d’œuvrer toujours plus sur le terrain, dans votre cercle d’amis, de famille ou professionnel, pour un monde plus juste et plus inclusif.

Si vous avez des questions ou des projets, contactez-moi.

Journée des associations 2024

N.H.A était présente le 20 septembre place CHARLES DIGEON à SAINT MANDE (94 – Val de Marne) pour sensibiliser et informer autour de l’autisme SDI et plus généralement, les troubles du neuro développement.

Ce temps d’échange a été rendu possible par l’aide du Dr Alain ASSOULINE, 2ème adjoint, délégué à la solidarité, à la santé, aux séniors, au lien entre les générations et au handicap.

L’association a pu rencontrer une dizaine de familles qui l’ont rejointe, avec lesquels des projets seront bientôt mis en place : café-parents*, sorties entre enfants atypiques*, parcours des bilans TSA et TDAH, registre des partenaires médico-sociaux et des activités susceptibles de venir en aide aux familles concernées.

Des actions de sensibilisation au sein des établissements scolaires sont envisagées.

Le portrait de Gwenaëlle, artiste et musicienne, le parcours d’une atypique à l’émotion qui fait sens

« Je suis tombée sur Gwenaëlle Chastagner-Angei, comme on peut chuter parfois du haut d’un mur au socle parsemé de connaissances que l’on pensait évidentes. Préjugés, certitudes, Gwenaëlle les balaie avec tact. Artiste, musicienne, percussionniste, je pourrais dire aussi « perfectionniste », cette créatrice de sons et de mots a accepté de nous révéler une partie de son chemin de vie, depuis l’adaptation au monde de son enfance, à la révélation du diagnostic de TSA qui s’en est tardivement suivi. Elle recherche activement une collaboration pour mettre en « sons et en sens » son monde musical ; son site web est posté en fin de témoignage. Souhaitons-lui le meilleur et une carrière toute à son image : exaltante !

De l’enfance à l’âge adulte

Je suis née de parents très jeunes, l’un vivant dans les montagnes et l’autre venant de la mer. Ils se sont réunis, et je suis venue au monde à Grenoble, plus exactement à Échirolles. Ma première action a été de briser une première frontière : il n’y avait pas de raison pour que mes parents vivant à Grenoble, je ne naisse pas chez eux ou à l’hôpital. Et pourtant…  Ma deuxième action a été de me retrouver avec un nouveau prénom autre que celui choisi ensemble par mes parents. Mon histoire commença bien. Welcome dans ce bel état civil Libre Juste et Fraternel ! Aujourd’hui, je peux écrire de manière fluide mais ça n’a pas toujours été le cas, on ne le dirait pas comme ça, n’est-ce pas ?  Je peux être bavarde à l’écrit. Un trait « apparemment autistique » selon mon ex-neuropsychologue lorsque je lui écrivais de longs e-mails. J’ai écrit un mémoire qui m’a permis de cheminer vers la parole juste. J’ai eu des difficultés avec la lecture, une dyslexie a été diagnostiquée pendant mon redoublement du CE1.  J’ai beaucoup souffert après l’école. Les devoirs étaient une torture. J’ai beaucoup pleuré avec une maman qui ne savait pas comment faire à part être présente. J’avais beau mettre tous mes efforts et encore des efforts même surhumains, je n’y arrivais pas. Je finissais très souvent hors-sujet, hors-sujet comme étant hors de moi même. « Hors d’une conscience de mon moi et d’un je » Je vivais mon corps comme appartenant au grand tout, sans aucune séparation.

« Je vivais comme hors de la conscience de mon moi et d’un je »

J’ai compris après mes études en école supérieure d’art, qu’il se passait quelque chose avec le langage, et non avec l’apprentissage. Etant très douée en sport, en arts plastiques, en musique ou en cuisine bref ce qui est lié au corps, au manuel ! J’ai compris plus tard que j’avais besoin d’un apprentissage auditif, visuel et kinesthésique ! Ce que bien sûr l’éducation nationale actuelle ne peut permettre, ni en accompagnement ni en cursus classique. Le dessin fut longtemps mon seul outil d’expression directe : je dessinais beaucoup jusqu’à ma première année de lycée, depuis l’âge de tenir un crayon. C’était mon expression libre première ! Il ne se passait pas un jour sans que je ne dessine et au collège, j’ai senti que je pouvais sinon en mourir. Etrange et radical quand j’y repense… Puis on m’a offert l’espace avec la MJC[1] de quartier que je connaissais, une place avec la possibilité de pratiquer la musique ! « Et là j’ai pu m’exprimer d’avantage car je n’ai plus eu à faire avec le silence et le mutisme. » J’ai pu produire des sons ! Je jouais avec d’autres et la pratique musicale m’a permis d’entrer dans leur micro-société, de me faire accepter.

Vous me direz :  mais tu savais pourtant parler ? Oui, c’est exact, je savais parler et répondre du mieux que je le pouvais lorsqu’on me questionnait. Imaginez que je n’avais pas accès à l’analyse, à la distanciation, et même à des pensées ! On m’a diagnostiquée avec une métacognition faible.  Personne ne pouvait remarquer mes difficultés, et le fait que je ne me rendais pas compte d’un moi séparé d’un monde et que dans ce monde il y avait des autres êtres humains différent du vent, des arbres, des animaux, c’était invisible !! Au sein de ma famille, de mon école, j’interagissais par énergie et vibration. Mon premier « je » conscient est apparu dans mon mémoire (met-mot-art). Aujourd’hui, écrire est peut-être sujet à polémique. Je pense que j’étais fusion, à un niveau métaphysique. Mon, je, n’existaient pas. J’étais monde. Pas de différence, je n’imaginais pas de différence possible.  Je parlais et je communiquais avec mes instruments, le piano, la guitare folk puis électrique, la basse, la batterie. J’ai commencé le piano avec une professeure du conservatoire hyper-tactile qui m’a littéralement bloquée pendant 3 ans. J’avais une bonne mémoire mais je ne parvenais pas à la lecture de notes. C’était un peu plus facile avec la flûte à bec soprano au CM2, mais je ne retenais pas, je n’ai pas une grande mémoire. Elle est très sélective et rebelle. Pour résumer, je jouais dans plein de groupes, 5 en tout,  et lors des petits concerts, je jouais tout le temps sur scène. J’avais des appréhensions mais j’étais tellement bien dans le son. Il y a eu aussi le chant, un animateur-musicien avait entendu que j’avais une très bonne oreille et m’a proposé, poussé gentiment à reprendre Polly de Nirvana[2]. Sans le savoir, il m’a permis par ma voix une belle ouverture. J’avais la voix très grave et caverneuse. J’étais très recroquevillé sur moi-même. Ces années-là ont contribué à un début d’épanouissement.

« Je ne me rendais pas compte d’un moi séparé d’un monde et que dans ce monde, il y avait des autres êtres humains différent du vent, des arbres, des animaux, c’était invisible. Il n’y avait pas de différence entre moi et le monde »

Mais ce sont vraiment durant mes années à l’école supérieure d’art que j’ai pris conscience de « mon » corps et que « je » touchais un corps étranger comme « cette » table sur la place Victor Hugo. J’avais alors 22 ans, c’était comme avoir chuté sur « terre ». Première matérialisation ? Ça reste mystérieux pour moi. J’ai beaucoup d’endurance, de ténacité et de pugnacité. J’ai pu après le résultat du diagnostic du 7 juillet 2020 relâcher un peu « ma force de travail et ma sur-adaptabilité ». Toute ma scolarité, j’étais un « électron libre » d’après des élèves. J’étais dans des groupes sans être avec qui que ce soit. Je me laissai voguer ici ou là. Comme Ulysse, ou ma famille Sarde en exile, avec un équipage mais éperdument seule. J’étais vouée à moi-même en suivant mon intuition, mon propre flow. C’est grâce à mon caractère solaire et insulaire, qu’il m’a été possible d’y aller à fond et sans peur dans ma vie. J’ai vécu sans domicile personnel pendant 7 ans. De 2013 à 2020. Et c’est là où cela a pris fin, n’arrivant pas avoir mon premier logement, me voyant sans cesse refusée et avec des obligations pour la perception d’un RSA, que je n’arrivais pas à tenir.  J’ai écrit plus d’une fois des lettres au gouvernement, différentes structures comme la CAF… J’ai bénéficié 3 ans du RSA puis mes droits ont cessés. En 2010, j’ai été repérée en Drôme lors d’une tournée alternative avec un de mes groupes de musique, par un artiste, poète, danseur, performeur[3] suisse. Je suis alors partie une première fois là-bas, et je suis entrée pour trois semaines dans le monde du spectacle vivant. J’y ai été réinvitée en 2014 puis par une autre chorégraphe jusqu’en juin 2020. Tout cela s’est violemment arrêté par une crise survenue en pleine résidence artistique.

J’appris plus tard que j’avais vécu un long shutdown[4], des surcharges sensorielles, émotionnelles…cela a duré deux semaines, paralysée au sol ou dans le noir à souffrir jusqu’à vouloir « me crever les tympans ». Wow mais quelle violence ! J’ai réussi à contacter une deuxième personne laquelle m’a aidée à prendre conscience que ma situation était dangereuse. Une intervenante de la pièce est venue me chercher et m’a mis à l’abri chez elle. Même en montagne, je souffrais, que ce soit le chant des oiseaux, le son des voix, ou bien la lumière (une hyper photosensibilité a été révélée tardivement ; je suis d’ailleurs passée d’ hyposensible à hypersensible). Mon énergie a mis près de deux semaines à redescendre et se stabiliser. J’ai eu la volonté après des recherches d’écrire un dossier à ma façon au C3R de Saint Martin d’Hères[5] pour un diagnostic TSA (Trouble du Spectre Autistique), mes parents habitant encore Grenoble. J’ai dû attendre deux ans avant le premier rendez-vous. Deux ans sans avoir de chambre personnelle ni de propre logement, deux ans dans une grande ville où la pollution et le bruit m’ont affaiblie. Ce fut laborieux, j’ai beaucoup souffert de la chaleur, et d’autres variations de températures. Ayant mes sens vestibulaires et proprioceptifs sensibles. Trop de mouvements de circulations voitures, piétons, vélo, trottinette me déséquilibraient parfois. Il s’agissait de moments dangereux. Encore aujourd’hui avec l’AAH[6], j’ai eu du mal à accéder à un logement. Il existe beaucoup de discrimination. A quand un Homme moins peureux de lui-même et donc des autres, de ceux qui lui sont différents, ceux qu’il appelle étrangers… ? A quand un Etat qui met une priorité pour ceux et celles qui cherchent un logement avec un handicap invisible ? A quand une réelle écoute et action lorsque quelqu’un se doit d’urgence de sortir de sa situation ?

Après le diagnostic

Oui, il y a eu un changement pour moi après le diagnostic, un soulagement, une compréhension de qui je-suis, de mes migraines, de mes comportements. J’apprends sur moi-même, à m’accompagner plus qu’avant et surtout avec bienveillance, avec douceur. J’étais très, trop dure envers moi-même. J’ai eu avec le C3R, un suivi post-diagnostic de six mois avec une neuropsychologue et une assistante sociale, j’étais comprise et accueillie. J’ai eu mon vrai et seul réel accompagnement. J’aurai aimé que ça continue encore et encore. J’ai dû me débrouiller toute seule, deux personnes ont essayé de m’aider, de parler de l’autisme à mon médecin généraliste, et d’introduire une demande de PCH[7] qui m’a été refusée. J’étais alors dans mon premier studio de 20m² grâce à l’habitat inclusif. Ça ne répondait cependant pas à mes besoins comme de cuisiner, de pouvoir avoir de la place pour mes instruments de musique…Puis il y avait les odeurs de cigarette des voisins, avec une trop grande proximité avec des murs en cartons. Je ne pouvais pas non plus gérer seule le thermostat. J’ai souffert comme jamais de la chaleur, je mangeais et je ne dormais presque pas. Mon médecin était désespéré, c’est alors que j’ai réussi avec un soi-disant ami avoir un appart dans une maison en colocation. Cela ne s’est malheureusement pas bien passé, j’ai alors tout fait pour rester à Crest. Je m’y sentais bien avec ma collègue et amie. J’ai fini par déménager dans la Drôme, depuis un an.  Mon trio musical ne pouvait plus me retenir à Grenoble, et ils ont décidé de continuer sans moi. J’ai pu quand même faire sortir notre premier et dernier EP[8], enregistré en Suisse. J’avais alors déjà beaucoup voyagé, été bien accueillie et beaucoup créé de contacts. Ce réseau est toutefois insuffisant pour que mon duo performance musique-danse puisse être pris dans les festivals. Cela suit son cours néanmoins.

J’ai du mal à suivre ou poursuivre autre chose que ce qui m’aspire sur le moment, comme mettre ma collection de drapeaux à la fenêtre. Penser à acquérir une petite moto pour m’aider dans mes déplacements. Pratiquer le qi-gong, le kung-fu, la capoeira. C’est très vite facile de ne pas avoir faim, et de peu manger, boire, dormir. Là je me suis fait voler mon vélo. Ça me donnait envie de sortir et d’aller jouer dans les bosses…je suis désormais perdue sans ce vélo. Mon quotidien, mes difficultés, comment en parler à l’écrit ? Je fais ce que je peux à suivre toutes ces constellations différentes, France Travail pour le permis, appeler le dentiste mais pas avant le 26 août, et j’en oublie plein. J’ai aussi eu l’expérience de ma première relation longue, deux ans avec une personne dont j’ai pu partager le quotidien. Il s’avère qu’elle s’est retrouvée dans le rôle d’aidant. Mais j’ai pu voir pendant deux semaines d’absences de sa part que je peux m’en sortir au quotidien et arrivée à répondre à mes besoins ! Je peux faire le ménage, le marché même si ça me coûte de nombreuses cuillères[9]. Je suis vraiment en vacances dehors au calme mais « mes activités » vont me manquer.  Eternel balancement changeant every day[10]

« Je souhaiterais de la considération, de l’attention envers mon handicap invisible. Je porte alors le cordon vert avec les tournesols »

Je souhaiterai de la considération, de l’attention envers mon handicap invisible. Je porte alors le cordon vert avec les tournesols depuis que j’ai découvert il y a trois ans sur leur site que vous pouvez voir sur une autre page de ce site. Je le porte pour sensibiliser autour de moi et pour avoir de l’aide si besoin sans que je doive m’expliquer. J’espère qu’il sera de plus en plus populaire. Ce n’est pas que pour les personnes avec un TSA mais aussi un TDAH, ou un autre handicap dit invisible. Je voudrais pouvoir ne pas avoir à me sur-adapter en permanence, ça engendre beaucoup de stress et de fatigues au quotidien. Je souhaiterais plus de médiatisation, d’informations au grand public sur le TSA-1 ou le TSA-2. Là où je vis actuellement, c’est mieux bien que la promiscuité avec les voisins bruyants, comme des tremblements de sols inexplicables qui sont parfois pesant, ou encore la machine à souffler les feuilles ou encore les gens qui parlent fort sous la fenêtre, et souvent les bruits de travaux. J’espère encore améliorer mon lieu de vie pour une maison et un petit jardin plus calme. Je pourrai comme ça enfin faire la demande d’un chien d’aide. Je souhaite un accès au logement pour tous et une facilitation pour les personnes ayant un handicap invisible qui comme moi ne peuvent pas travailler même à mi-temps ! Si ça vous intéresse, j’ai commencé un site web ! https://akenatatomburisigui.wixsite.com/ikido

Bon surf ! Et merci d’avoir lu ce roman., Gwenaëlle, artiste musicienne  

[1] MJC : Maison des Jeunes et de la Culture

[2] Date de sortie : 1991 – Artiste : Nirvana – Film : 1991: The Year Punk Broke

[3] Performeur : personne qui « réalise une action » pour un public, à l’image des artistes dont la pratique relève des arts vivants, mais aussi dans un sens plus large, des personnes dont les actions lors d’évènements spécifiques relèvent d’une forme de spectacle ou événement

[4] Shut-Down : le shut-down est l’une des conséquences possibles d’une surcharge sensorielle ou émotionnelle, elle se produit lorsque la personne autiste a essayé de compenser trop longtemps dans un environnement mal adapté. La fermeture se vit comme une explosion ou une implosion émotionnelle et sensorielle de l’intérieur. C’est une fermeture complète de la personne autiste qui advient lorsque les stratégies d’adaptation lors d’un meltdown ne suffisent plus. la personne est surstimulée et ne peut pas s’isoler de la situation ou la gérer par des stratégies mises en place, elle ne va plus être lucide et se renfermer sur elle-même.

[5] Centre référent de réhabilitation psychosociale et de remédiation cognitive, centre de santé mentale ambulatoire

[6] AAH : Allocation aux adultes handicapés

[7] PCH : prestation de compensation du handicap

[8] EP : extended play, disque d’une durée plus longue que celle d’un single et plus courte que celle d’un album


[9] Théorie des cuillères : la légende veut que Christine Miserandino, une activiste atteinte de lupus[1], se trouvait au restaurant avec l’une de ses amies lorsque cette dernière lui a demandé d’expliquer la fatigue engendrée par sa maladie. Miserandino a attrapé une poignée de cuillères dans un présentoir pour les clients, les a présentées à son amie, et lui a demandé d’énumérer toutes ses activités de la journée : un shampoing, des courses, un trajet en bus, des cours, un shift au travail, etc. A chaque activité, Miserandino posait une cuillère, illustrant ainsi comment une personne atteinte de maladie chronique doit rationner son énergie ou risquer de se retrouver dans une situation où elle n’est plus capable de fonctionner. Par la suite, c’est Naomi Chainey qui a théorisé que la théorie des cuillères pouvait s’appliquer aux personnes vivant avec un trouble mental ou social, tant qu’il est bien chronique.

[10] Chaque jour

L’appellation d’autisme de haut niveau, inappropriée pour une approche clinique de l’autisme

Il est devenu usuel d’entendre parler « d’autisme haut niveau » et de Haut Potentiel Intellectuel, lesquels seraient en quelque sorte des autismes « moins préoccupants », qualifiés encore d’autismes « légers ». En effet, de prime abord le sujet autiste non verbal ou manifestant une stéréotypie très marquée aurait tendance à orienter spontanément ses interlocuteurs vers un autisme dit « dur », à distinguer des autistes légers au handicap moins visible.

Les résultats longitudinaux varient en effet considérablement au sein des individus dits « de haut niveau de fonctionnement », allant de l’isolement social, du chômage et d’une autonomie limitée, à la réalisation de relations sociales significatives, d’accès à l’emploi et à une plus grande autonomie » (Magiati, Toy et Howlin, 2014).

En réalité, seule la notion de comportements adaptatifs (faisant référence aux compétences sociales et à l’autonomie dans la vie quotidienne) devrait être prise en comptes pour déterminer l’autisme. Ces compétences sont catégorisées dans plusieurs domaines : la communication verbale et non verbale, la socialisation (développer et maintenir des relations), les actes de vie quotidienne (participer à la communauté, prendre soin de soi).

Chez la population autiste, il n’y pas de corrélation entre les scores du niveau cognitif et le niveau de fonctionnement adaptatif, au contraire de la population des neurotypiques. Or dans de beaucoup de pays, le niveau de soutien dont bénéficient les personnes autistes est au moins partiellement basé sur une évaluation du niveau cognitif (Bowen, 2014). En outre, de récentes études ont confirmé l’impact de l’âge sur le fonctionnement adaptatif des personnes autistes (Chatam et Al., 2018).

En conclusion, ce sont les critères d’une évaluation fonctionnelle qui devraient être seuls pris en compte, et non ceux du QI , pour l’exigibilité aux services d’aide que proposent les pays. L’emploi du terme « autisme de haut niveau »  ou de « haut fonctionnement » est un mauvais descripteur lorsqu’il est uniquement basé sur le QI, et ne doit pas être utilisé dans les pratiques cliniques ou recherches pour déduire les capacités fonctionnelles des personnes autistes.

Ces appellations sont en outre pénalisantes, refusant des soutiens à ceux présumés avoir une plus grande capacité fonctionnelle, et restreignant davantage les possibilités d’autonomies à ceux classés comme « à faible fonctionnement ». Au lieu de cela, les chercheurs devraient s’efforcer d’articuler les phénotypes spécifiques : la délimitation de sous-types spécifiques et leur effet sur le fonctionnement permettraient d’avoir une vision plus globale des compétences de la personne.


[1] « The misnomer of « high functioning autism » : intelligence is an imprecise predictor of functional abilities at diagnosis, Alvares GA, Bebbington K, Cleary D, et al. Autism 2020 ;24(1) : 221-232 – Source : comprendrelautisme.com pour voir l’article dans sa publication originale c’est ici

Un symbole international pour les handicaps invisibles

Vous avez un handicap invisible, connaissez-vous le symbole du tournesol ?

Dans les aéroports, avez-vous déjà remarqué des passagers portant un badge ou un cordon vert orné de tournesols ? C’est le symbole pour identifier un handicap invisible, tels que les troubles cognitifs ou dys, les maladies mentales, le diabète, les déficiences sensorielles, qui ne sont pas immédiatement perceptibles. Il existe sous différentes formes : un badge, un autocollant, un bracelet ou même un t-shirt avec un motif de tournesol.

Connu sous le nom de « Hidden Disabilities Sunflower » en anglais, est devenu un emblème important pour sensibiliser à la diversité des handicaps et à la nécessité d’une compréhension accrue dans la société. Ce symbole discret, porté sous différentes formes, offre un moyen non verbal pour ceux qui le portent d’indiquer qu’ils pourraient avoir des besoins spécifiques en raison de handicaps invisibles.

Pour se procurer le signe, c’est ici

Et pour identifier les lieux handicap-friendly, c’est ici

Merci à Gwenaëlle pour ce partage !

Une sensibilisation systématique aux T.N.D

Une personne sur 6 est sujette à un trouble du neurodéveloppement, ce qui représente presque 17% de la population. Face aux nouveaux défis que constitue cette donnée statistique, une mesure publique de large envergure a enfin été prise par les pouvoirs publics, sous l’égide du Président de la République M Macron et la ministre déléguée chargée des Personnes âgées et des Personnes handicapées, MME Fadila Khattab.

Dans le cadre de la politique de stratégie 2023/2027 pour les troubles du neurodéveloppement, les nouveaux carnets de santé imprimés dès le printemps 2024 contiennent désormais l’intégralité du guide « Détecter les signes d’un développement inhabituel chez les enfants de moins de 7 ans » lequel consiste en une grille de 20 pages à remplir avec l’aide de son médecin. Les questions portent sur quatre domaines : motricité globale, motricité fine, langage oral et socialisation. Ce bilan sera aussi mis en œuvre pour tous les enfants de 0 à 6 ans lors des visites médicales obligatoires, en libéral et dans les écoles maternelles.

La première version du guide était parue en 2020 : plus de 68000 enfants ont ainsi été diagnostiqués précocement. Nous vous conseillons en tant que parents à vérifier la bonne mise en application de ce diagnostic par votre médecin pédiatre ou médecin généraliste dès le plus jeune âge de votre enfant. En effet, certaines formes dites « légères » ou compensées par des aptitudes cognitives élevées peuvent masquer au cours de la petite enfance certains traits propres aux TND et être difficilement repérables, d’autant si vous êtes fraichement parents. Seuls des critères précis et cumulés peuvent aboutir à l’assurance d’une particularité.

Par suite, une prise en charge adaptée peut donner de très bons progrès et participer à la réussite scolaire et au bien-être affectif et comportemental de votre enfant.

Accompagnement pour les épreuves du baccalauréat blanc

Bonjour, je me présente, je m’appelle Julie et je suis AESH. J’accompagne à ce titre une jeune fille en classe de première, Valérie, et je vous livre ce jour mon témoignage d’Accompagnante d’Elève en Situation de Handicap.

En classe de première, les établissements organisent tout au long de l’année des entrainements au baccalauréat, à l’écrit et à l’oral. Mon élève bénéficie d’adaptation, un tiers temps en l’occurrence : l’épreuve écrite dure 5 heures et 20 minutes au lieu des 4 heures pour les autres élèves. Mon rôle est d’être la secrétaire de mon élève, c’est à dire que j’écris pour elle, sous sa dictée.

La veille de l’épreuve, je me suis assurée que Valérie connaissait bien la salle où nous allions composer le lendemain. Nous échangé ensemble librement et elle a ainsi pu se préparer psychologiquement, et repérer les lieux. D’une manière générale, tous les élèves bénéficiant d’un tiers temps sont regroupés en une même salle. Le jour de l’épreuve blanche arrivé, nous sommes en vraie conditions d’examen : sac à dos mis de côté, téléphone portable éteint, montre connectée interdite, copies de bac à utiliser ect Les sujets nous sont ensuite distribués, parfois en double exemplaire, ce qui nous permet de travailler le texte chacun de notre côté. Mon aide va consister à lire le texte pour mon élève, car la lecture en autonomie peut parfois lui être difficile. Nous prenons le temps de lire, voire relire l’extrait, et ainsi s’assurer que le vocabulaire est compris. Si ce n’est pas le cas, j’essaie d’expliquer, de trouver des synonymes. Vient ensuite le choix du sujet, dissertation ou commentaire. Je lui demande si la consigne est claire, si les mots employés sont compris, quitte à reformuler. Une fois le choix du sujet arrêté, comme j’écris pour elle, nous commençons alors la prise de notes pour l’introduction, avec l’exercice difficile qui consiste à trouver une problématique ainsi que les deux ou trois axes attendus. Nous travaillons ensuite à compléter le plan avec des citations du texte, des explications et ses connaissances, de cours ou personnelles. Je veille également à ce Valérie puisse bouger librement dans la salle, se dégourdir les jambes, s’hydrater ou aller aux toilettes. Nous prenons aussi le temps d’une courte pause afin qu’elle puisse grignoter, afin de recharger ses batteries car l’épreuve est longue, en assiduité et concentration. Je sais que cet exercice lui demande un réel effort. Nous reprenons ensuite, et voyons si des passages sont à modifier, d’où de fréquentes relectures à haute voix de notre brouillon. Puis nous finissons par la conclusion où nous essayons de reprendre ce qui a été dit précédemment sans oublier de trouver une ouverture. Tout cela demande une énergie incroyable à Valérie, qui doit remobiliser ses connaissances, essayer d’organiser son propos tout en étant clair et en utilisant le vocabulaire idoine. Après une dernière relecture du brouillon, je passe alors à la rédaction/écriture sur la copie. Je relis une dernière fois à haute voix, à Valérie, ce qui lui permet de me dire s’il y a d’ultimes modifications à effectuer, et pour ma part, de vérifier mon orthographe. Nous pouvons alors rendre la copie.

Le tiers-temps lui permet de « prolonger » sa pause déjeuner (accord de la direction), les cours reprenant à 14 heures, pur se reposer et reprendre des forces.

Pour l’oral de français, Valérie bénéficie aussi d’un tiers temps : il lui permet la rédaction de notes suite au texte du programme en cours choisi par le professeur, analyser la question de grammaire donnée, et parler aussi du livre de lecture complémentaire choisi par l’élève. Selon le profil de l’élève, il est possible que la liste des textes soit réduite, elle est généralement d’une quinzaine de textes (poésie, théâtre, littérature).

Le jour de l’épreuve orale, nous sommes convoquées tôt le matin, ce qui est une bonne chose pour Valérie, sa concentration étant à son maximum. Nous avons eu la chance de tomber sur un texte qu’elle appréciait, la rédaction des notes fut donc aisée, sans « blancs ». Nous avons dû nous organiser car le temps est compté : rédaction de notes rapides , d’une introduction et d’une problématique, puis la conclusion et son ouverture. Enfin, nous nous sommes concentrées sur les axes a bien compléter. Je consultais ma montre en permanence, le temps passe très vite. Comme je rédige pour Valérie, je veille à n’utiliser que des recto de feuilles, je ne mets que quelques mots clés, j’aère au maximum et je mets des couleurs pour bien séparer les différentes parties. Nous sommes ensuite passé à la partie de l’épreuve de grammaire, et avons essayé de faire au mieux, car la question lui paraissait compliquée. Lors de l’interrogation orale, j’ai eu la possibilité de rester à ses côtés, et lui passer les feuilles au fur et à mesure afin que ses propos soient les plus justes possibles.

Voilà pour mon témoignage, j’espère qu’il convaincra de l’utilité de notre profession qui mérite d’être mieux connue et appréciée.

L’autisme au féminin

Les spécificités de l’autisme au féminin ne semblent pas mises en évidence par les récentes recherches en psychologie humaine.

Les neurosciences indiquent toutefois une meilleure adaptabilité chez la gente féminine aux codes sociaux et attentes. Le camouflage – probablement lié à une longue tradition histologique chez les petites filles – apparait plus étendu que chez les hommes.

Un livre spécialisé sur l’autisme au féminin, celui d’Adeline LACROIX , autisme au féminin : approches historiques et scientifiques, regards cliniques – aux Editions UGA paru en 2023

Une bande-dessinée à s’offrir pour mieux comprendre, celle de Julie DACHEZ : Marguerite se sent décalée et lutte chaque jour pour préserver les apparences. Ses gestes sont immuables, proches de la manie. Son environnement doit être un cocon. Elle se sent agressée par le bruit et les bavardages incessants de ses collègues. Lassée de cet état, elle va partir à la rencontre d’elle-même et découvrir qu’elle est autiste Asperger. Sa vie va s’en trouver profondément modifiée. Aux éditions Delcourt, paru en 2016.

Le DSM-5 : Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders

Il s’agit d’un manuel médical et statistique.

Le DSM a été créé dans le but d’unifier le diagnostic des troubles psychiatriques. les professionnels de la santé sont censés utiliser les critères diagnostics du DSM afin de déterminer si leurs patients sont atteints ou non d’un trouble de santé mentale. Pour vous le procurer, cliquez-ici

La première version du DSM a été publiée en 1952. Le manuel a ensuite été actualisé pour refléter l’évolution des connaissances des troubles psychiatriques. Le DSM a énormément changé depuis sa première publication. Au fil de temps, il y a eu 5 DSM publiés :

  • DSM-I, publié en 1952 et contenant 60 diagnostics.
  • DSM-II, publié en 1968 et recensant 145 troubles de maladie mentale.
  • DSM-III, publié en 1980, avec une version révisée publiée en 1987. La version révisée identifiait 292 diagnostics.
  • DSM-IV, publié en 1994 et contenant 410 troubles psychiatriques. Une version révisée de ce DSM, le DSM-IV-TR a été publié en 2000.
  • DSM-V, publié en mai 2013, qui est aujourd’hui la version utilisée par les professionnels de la santé.

La version la plus récente du DSM décrit des centaines de troubles mentaux répartis dans plus de 20 catégories comme les troubles dépressifs, les troubles anxieux, les dysfonctions sexuelles, les troubles dissociatifs et les troubles neurodéveloppementaux.

La version 5 du DSM a fait naitre une controverse importante au sein de la communauté de scientifiques et de professionnels s’intéressant à la thématique de l’autisme car elle abandonne les anciennes sous catégories, au profit d’un unique spectre avec une qualification de l’intensité des troubles . Le syndrome d’Asperger disparait, ce qui a entrainé de vives critiques de la part de cette communauté (dont l’identité trouvait sa source dans l’ancienne catégorisation), mais aussi de la part des psychiatres et psychologues spécialisés.

On ne parle plus de triade autistique mais de dyade autistique et abandonne la dénomination en vigueur dans le DSM-4 et la CIM-10, les Troubles Envahissants du Développement (TED) disparaissent au profit des Troubles du Spectre de l’Autisme (TSA).

Dans le DSM-5, les TSA regroupent l’ensemble des diagnostics précédents suivants : les troubles autistiques, le syndrome d’Asperger, les troubles désintégratifs de l’enfance et les troubles envahissants du développement non spécifiés ou autre TES. Le syndrome de Rett disparait de cette catégorie.

Le diagnostic précise trois niveaux de sévérité de l’autisme :

Niveau 1 : nécessite un soutien

Communication sociale : sans soutien en place, déficits au niveau de la communication sociale provoquant des déficiences notables. Difficulté à initier des interactions sociales, exemples clairs de réponse atypique ou échec aux ouvertures sociales des autres. Semblance d’un intérêt diminué pour les interactions sociales.

Comportements répétitifs et restreints : inflexibilité du comportement, interférence significative avec le fonctionnement dans un ou plusieurs contextes. Difficulté de commutation entre les activités. Problèmes d’organisation et de planification entravant l’indépendance.

Niveau 2 : nécessite un soutien important

Communication sociale : déficits marqués au niveau des compétences de communication sociale verbales et non verbales. Atteintes sociales apparentes, même avec supports en place. Initiation limitée des interactions sociales, avec réponses réduites ou anormales aux ouvertures sociales des autres.

Comportements répétitifs et restreints : Inflexibilité du comportement, difficultés à s’adapter au changement. D’autres comportements restreints / répétitifs assez fréquents pour être évidents à l’observateur occasionnel et interférer avec le fonctionnement dans plusieurs contextes. Mise au point ou l’action détresse et / ou des difficultés à changer.

Niveau 3 : nécessite un soutien très important

Communication sociale : de graves déficits au niveau des compétences de communication sociale verbale et non verbale, provoquant des déficiences graves dans le fonctionnement. Initiation très limitée des interactions sociales et une réponse minimale aux avances sociales des autres.

Comportements répétitifs et restreints : manque de souplesse des comportements, difficulté extrême à faire face au changement ou d’autres comportements restreints / répétitifs interférant nettement avec le fonctionnement dans tous les domaines et grande détresse / difficulté à changer d’orientation ou d’action

L’autisme, grande cause de la mandature du Val-de-Marne

[ Source originale vers le site du Val-de-Marne : lien ]

À l’échelle nationale, les troubles du spectre de l’autisme (TSA) représentent environ 1% des naissances. Dans le Val-de-Marne, ce sont près de 6 500 personnes, sur les 115 000 ayant un droit à la Maison Départementale des personnes handicapées (MDPH) qui présentent un TSA : dont au moins 10% d’enfants.

« Sollicité par des familles sans réponse ou solution j’ai décidé de faire de l’autisme la grande cause de mon mandat afin de répondre le mieux possible à leurs besoins – Olivier CAPITANIO, président du Département du Val-de-Marne »

L’élaboration d’un Plan Autisme départemental 2023-2028

Élaboré avec la participation des aidants, des associations et de tous les acteurs du handicap, le plan Autisme  vise à faciliter chacune des étapes du parcours de vie des personnes présentant des TSA et de leurs aidants, en proposant des actions sur tous les champs utiles à leur épanouissement, tout au long de leur vie.

Par la suite, le suivi de ce plan se fera via un Comité d’experts composé : de personnes autistes, de proches aidants de personnes concernées et d’associations spécialisées.

Un plan d’action basé sur 4 priorités

S’appuyant sur les compétences départementales, le plan Autisme cible tous les âges de la vie (de la petite enfance à l’âge adulte) et s’organise autour de quatre priorités :

  • favoriser la connaissance des troubles du spectre de l’autisme par le grand public, par les professionnels, par les employeurs afin de changer le regard de la société sur les personnes concernées ;
  • encourager le dépistage précoce notamment au sein des 71 centres de protection maternelle et infantile (PM) du territoire ;
  • faciliter le parcours des personnes présentant des TSA, de la scolarisation à l’embauche jusqu’au maintien dans l’emploi ;
  • renforcer la dynamique du territoire pour développer des solutions adaptées aux besoins et aux attentes de la population (créations de places, ouverture sur des bonnes pratiques repérées ailleurs, y compris à l’étranger, renforcement de la coordination médico-social/sanitaire).

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