Le témoignage de Mélissa, mère d’Aaron et Adam, 7 ans

TDAH, TSA et troubles Dys

Je suis maman de deux jumeaux, Aaron et Adam. Les débuts ont été très difficiles pour mes enfants, notamment pour mon fils Adan, lequel a été mis sous prescription de TERTIAN à ses deux ans et demi, sans que je ne réagisse car j’étais alors jeune et influençable. Ensuite lors de son entrée en maternelle, je n’ai pas réussi à rédiger le dossier MDPH, je n’ai pas rencontré l’aide nécessaire et je me suis retrouvée seule sans aide. Mes enfants n’ont donc pas eu d’AESH1, puisque le dossier est indispensable. En moyenne section, seul mon fils Aaron a pu en bénéficier, et j’ai du prendre un Avocat pour me conseiller et m’indiquer les démarches à mettre en place auprès du rectorat : un AESH a alors été désigné pour mon deuxième fils.

S’en sont suivies les prises en charge par une psychomotricienne, une orthophoniste et un éducateur spécialisé en autisme, lequel m’a beaucoup aidé au domicile pour remettre de bonnes ont été particulièrement lourdes et difficiles pour moi : beaucoup d’intervenants, des coûts élevés, de nombreux bilans, j’ai perdu pied et connu le Burn out. Le centre médico-psycho-pédagogique de Nice a alors pris le relais, à partir de leurs 6 ans.

Aujourd’hui mes fils jumeaux participent à des groupes d’habileté sociale, Adam est suivi par un psychothérapeute et Aaron consulte un kinésithérapeute. J’ai dû toutefois arrêter la consultation de la psychomotricienne, faute de moyens financiers ; la MDPH2 ne m’a pas donné d’aide, mes fils n’ayant plus de soins depuis plus de six mois.

Question scolarité, Aaron va bien. En revanche c’est très compliqué pour Adam : il prend du RISPERDAL en traitement pour traiter son TDAH confirmé, il a également un TOP3 important avec impulsivité, dysphasie, et des troubles psychomoteurs. Il souffre en classe du rejets de ses camarades, et il a beaucoup de crises, un vrai mal-être. Pour Aaron, c’est plus simple il n’a pas de TDA/H, mais de l’autisme, une dysphasie massive, des troubles moteurs et une légère hypotonie.

N’ayant pas de gros revenus financiers, je suis dans une famille recomposée, cette gestion est assez compliquée à vivre, mais je me bats avec mon conjoint pour mes enfants et je recherche toutes les solutions possibles pour leur venir en aide du mieux possible et les aider.

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Le témoignage d’Aurélie, maman d’Hugo, 11 ans

La dyslexie

Je suis la maman d’Hugo, mon fils est dyslexique depuis sa naissance, il s’agit d’un trouble génétique.
Hugo n’a pas été dépisté en maternelle, car le travail était effectué sur des images, et la confusion n’était donc pas possible. Il écrivait les chiffres et les lettres à l’envers mais c’est assez courant chez les jeunes, nous ne nous sommes donc pas inquiétés. Il présentait juste une maladresse pour attraper les balles.
C’est en CP que nous avons pu constater qu’il y avait un problème : les enfants commençaient à travailler les sons, les « ou » et les « on », et Hugo n’y parvenait pas, il les mélangeait. Nous avons pris les devants et rencontré la maitresse : elle nous a conseillé de nous rapprocher d’un orthophoniste. Et c’est là que le parcours du combattant a commencé : le 1er rendez-vous n’a été obtenu qu’en milieu de CE1. Hugo présentait de réelles difficultés en écriture et en lecture, mais nous n’avions pas de diagnostic. La praticienne nous a alors suggéré de faire réaliser un bilan chez un neuropsychiatre, car elle avait un soupçon sur son hyperactivité.
Il a fallu ensuite attendre car nous avons été confinés lors de la pandémie de la covid-19. La deuxième orthophoniste consultée nous a appris ensuite que nous avions droit à obtenir de l’aide pour Hugo, : la mise en place d’un dossier MDPH et la présence d’une AESH, ce dont l’école ne nous avait jamais parlé. Là encore, ce furent des difficultés, comprendre comment monter le dossier, comment s’y prendre. Heureusement nous avons rencontré des familles dans la même situation, cela nous a beaucoup aidé. Finalement, le dossier a été finalisé en CM1, et la commission d’obtention des aides a statué quand Hugo était en CM2, juste avant l’entrée au collège. L’enseignant référent a été une aide précieuse au collège : Hugo a eu droit à un ordinateur et à une AESH. C’est en discutant avec d’autres familles et en faisant des recherches que j’ai découvert que la dyslexie est héréditaire, c’est un trouble génétique. Mon fils Hugo est un enfant qui se fatigue beaucoup plus que les autres, il dort beaucoup. J’ai rencontré une naturopathe avec laquelle nous avons mis en place un régime alimentaire particulier, riche en vitamines, oméga 3 et magnésium. Je donne à Hugo un booster naturel en milieu d’année, pour l’aider à se concentrer. Sinon il n’arrive pas à tenir toute la journée, les heures de cours sont trop longues. Il se réveille difficilement le matin, la concentration est assez basse et les difficultés scolaires réapparaissent ; le booster fonctionne très bien et lui permet de finir l’année. Avoir un enfant dyslexique, ca veut dire avoir une vie compliquée, une prise en charge assez lourde, nous les parents sommes parfois épuisés. La dyslexie d’Hugo est assez élevée, il peut confondre les mots « papa/maman », « sel/sucre » et au delà de la confusion des mots, il y a aussi des difficultés de repérage temporel. Cela ne se voit pas nécessairement, mais dans son cerveau, tout fonctionne à l’envers. C’est à la fois très pénalisant pour sa scolarité car Hugo n’entre pas dans le moule conventionnel, mais c’est une vraie richesse : ces enfants ont une façon d’aborder la vie et le monde d’une manière très différente. Ils pensent et conçoivent les problèmes différemment, leur logique est différente, ils ont quelque chose en plus, bien qu’ils le vivent comme un handicap car c’est cette image que la société leur renvoie.

Côté parents, nous n’avons jamais rien lâché. Nous étions des parents pénibles et demandions des RV tout en début d’année, pour la mise en place des aménagements scolaires : dictée à trou, tests sur les connaissances
et pas sur l’écriture. Certains enseignants jouent le jeu, d’autres sont plus inflexibles. La notification MDPH est une véritable aide. Hugo a été bien entouré aussi par une orthoptiste, car ses yeux sautaient des lignes
lors de la lecture, il ne parvenait pas par exemple à recopier des poésies. Nous avons mis en place grâce à ses conseils certaines astuces : une police et une taille adaptée sur l’ordinateur (Verdana), des espaces entre les lettres, le tout sur un plan incliné. Je me suis aperçue que les plages blanches le fatiguaient vite, alors j’ai trouvé sur le Web des marque-pages de couleur, de type calque, qui permettent de suivre la ligne de lecture et de poser une couleur primaire (jaune, vert, rouge, bleu) pour apaiser ses yeux. Cela aide les enfants à lire, et à suivre le texte sans perdre la ligne. Hugo l’utilise pour l’école. En CM1, la maitresse avait constitué des groupes, l’un en autonomie, l’autre avec elle. Nous nous sommes rendu compte que quand Hugo était en autonomie, il ne parvenait pas à ce concentrer, et écoutait le cours dispensé par l’enseignante. Mon mari a alors eu l’idée de lui donner un casque anti bruit, et la maitresse a été d’accord pour qu’il le porte en classe. Ce casque a été maintenu en CM2, et d’autres élèves lui ont emboité le pas. Aujourd’hui il n’en a plus besoin, Hugo est en sixième, mais cela l’a beaucoup aidé, il ne s’est plus laissé distraire par le bruit des autres élèves.

Quand Hugo était en primaire, nous avons mis en place des astuces. Il avait par exemple beaucoup de poésies à apprendre. C’était une catastrophe, car malgré sa bonne mémoire, il n’arrivait pas à apprendre ses poésies, tandis que les pub ou dessin animés il les connaissait par cœur. En CE2, il devait apprendre les fables de la fontaine. Alors j’ai cherché sur YouTube et j’ai trouvé les fables de la fontaine sous forme de dessin animé : Hugo a appris la poésie en moins de deux minutes par cœur sur le bout des doigts. Depuis, à chaque poésie, nous la cherchons sur internet et une fois, j’ai trouvé une chanson, et Hugo a appris la chanson. A la fin, il chantait sa poésie, alors je lui avais demandé de ne pas la chanter, et de la parler. Au final j’ai cédé, je lui ai dit tu peux la chanter car il ne parvenait pas à faire autrement. La maitresse a adoré qu’Hugo chante sa poésie, et à partir de ce jour là, elle a laissé les élèves le choix de réciter ou chanter la poésie. Nous avons été très fiers.

Hugo a une très bonne mémoire auditive. J’avais proposé qu’il ne recopie pas forcément mais qu’il écoute, quitte à récupérer les polycopiés ensuite. Tout a commencé quand il a eu des listes de mots à apprendre, l’écriture étant un problème, Hugo se braquait car il ne pouvait pas tenir son stylo. Alors nous lui faisions épeler les lettres. Et je me suis enregistrée. Je lui disais les mots et je les enregistrais tous. Cela a bien fonctionné : des mots, puis des leçons, puis je lui enregistré ses leçons. Désormais tous les soirs je prends ses cahiers et je lui enregistre tout sur le téléphone. En voiture sur le chemin de l’école il prend ses cahiers, il regarde et en même temps il écoute ses leçons. Cela fonctionne bien, il a 16,5 de moyenne générale cette année au collège.

Hugo petit bégayait, il n’avait pas confiance en lui, il se sentait différent. Il a une grande force, il n’a jamais pris égard au regard des autres, et il est hyper tenace. Il essaie toujours de faire en sorte de s’acharner et cette volonté nous permet de l’aider. Je pense que si HUGO n’avait pas été aussi combattif, nous aurions peut-être nous même laisser tomber. Le quotidien est très compliqué. Quand on lui demande par exemple d’aller chercher une assiette dans la cuisine, il peut arriver dans la cuisine et nous demander « qu’est ce que je dois chercher déjà ?  » J’ai mis en place des affiches, il faut lui répéter constamment les choses, dans la salle de bain, pour lui dire de se brosser les dents, se laver les mains, appliquer du déodorant. C’est un enfant intelligent, mais pour le quotidien il semble tout oublier. Il peut rester 1H sous la douche car il a oublié qu’il devait se laver.
Il oublie le temps qui passe et qu’il faut sortir. L’ordre dans lequel on se lave. Il ne percute pas, c’est lié à sa dyslexie. Au quotidien c’est donc assez difficile. Devant les camarades il peut se tromper et m’appeler « papa ». Lire l’heure c’est compliqué, l’agenda aussi : il ignore le jour et le mois. On sait que quand il va grandir cela va s’atténuer, mais il va lui falloir du temps et ce n’est pas facile face aux camarades. La présence de l’AESH lui a permis de reprendre confiance en lui, j’ai eu beaucoup de peine car petit il disait toujours « je suis nul et je comprends rien ». Encore un exemple de mon fils, je suis si fière de lui : le 1er jour de CE1 il devait lire les jours puis écrire dans son agenda la liste des devoirs à faire. La maitresse a regardé son agenda, puis barré les devoirs écrits et mis un gros point d’interrogation. Quand on prend un miroir, et que l’on regarde ce qui était écrit, tous les devoirs étaient écrits à l’envers. C’était hyper bien écrit, mieux qu’à l’endroit. Il l’a fait plusieurs fois, la maitresse n’a même pas cherché à comprendre. j’ai beaucoup de mal avec ces attitudes, car ces enfants ont un côté génial, et c’est comme si on en faisait abstraction, qu’on cherchait à leur enlever ce potentiel inné qui est en eux. Pour les multiplications, on s’est aperçu que non seulement il les écrit en miroir, mais aussi en inversé. il avait donc des mauvaises notes, par exemple le 21 il écrivait 12. J’ai donc du prévenir les maitresses et à partir de là les choses ont changé. Il écrivait ses résultats à l’envers, c’était frustrant pour lui, mais tout était juste ! Pour le prof c’était faux, sans avoir cherché à comprendre. Cela a duré toute l’élémentaire, aujourd’hui il se concentre et ca va un peu mieux, il connait ses faiblesses, il sait quelles sont les lettres qu’il inverse
La MDPH a mis en place un logiciel de dictée vocales, mais à l’école ce n’est pas possible. Au conservatoire, le solfège était très dur pour lui. Nous avions mis en place des codes couleur pour les notes, mais lors de l’examen
cela n’a pas été autorisé : Hugo a donc décroché et nous avons dû arrêté les cours.

Voilà pour mon témoignage, j’espère que d’autres familles se reconnaitront et que tous ensemble, nous ferons avancer les droits de nos enfants.

Accompagnement pour l’épreuve du bac blanc de français

Bonjour, je me présente, je m’appelle Julie et je suis AESH. J’accompagne à ce titre cette année une jeune fille en classe de première, Valérie, et je vous livre ce jour mon témoignage d’Accompagnante d’Elève en Situation de Handicap. En classe de première, les établissements organisent tout au long de l’année des entrainements au baccalauréat, à l’écrit et à l’oral.

Mon élève bénéficie d’adaptation, un tiers temps en l’occurrence : l’épreuve écrite dure 5 heures et 20 minutes au lieu des 4 heures pour les autres élèves. Mon rôle est d’être la « secrétaire » de mon élève, c’est à dire que j’écris pour elle, sous sa dictée.

La veille de l’épreuve, je me suis assurée que Valérie connaissait bien la salle où nous allions composer le lendemain. Nous échangé ensemble librement et elle a ainsi pu se préparer psychologiquement, et repérer les lieux. D’une manière générale, tous les élèves bénéficiant d’un tiers temps sont regroupés en une même salle. Le jour de l’épreuve blanche arrivé, nous sommes en vraie conditions d’examen : sac à dos mis de côté, téléphone portable éteint, montre connectée interdite, copies de bac à utiliser ect.

Les sujets nous sont ensuite distribués, parfois en double exemplaire, ce qui nous permet de travailler le texte chacun de notre côté. Mon aide va consister à lire le texte pour mon élève, car la lecture en autonomie peut parfois lui être difficile. Nous prenons le temps de lire, voire relire l’extrait, et ainsi s’assurer que le vocabulaire est compris. Si ce n’est pas le cas, j’essaie d’expliquer, de trouver des synonymes.

Vient ensuite le choix du sujet, dissertation ou commentaire. Je lui demande si la consigne est claire, si les mots employés sont compris, quitte à reformuler. Une fois le choix du sujet arrêté, comme j’écris pour elle, nous commençons alors la prise de notes pour l’introduction, avec l’exercice difficile qui consiste à trouver une problématique ainsi que les deux ou trois axes attendus. Nous travaillons ensuite à compléter le plan avec des citations du texte, des explications et ses connaissances, de cours ou personnelles.

Je veille également à ce Valérie puisse bouger librement dans la salle, se dégourdir les jambes, s’hydrater ou aller aux toilettes. Nous prenons aussi le temps d’une courte pause afin qu’elle puisse grignoter, afin de recharger ses batteries car l’épreuve est longue, en assiduité et concentration. Je sais que cet exercice lui demande un réel effort. Nous reprenons ensuite, et voyons si des passages sont à modifier, d’où de fréquentes relectures à haute voix de notre brouillon. Puis nous finissons par la conclusion où nous essayons de reprendre ce qui a été dit précédemment sans oublier de trouver une ouverture.

Tout cela demande une énergie incroyable à Valérie, qui doit remobiliser ses connaissances, essayer d’organiser son propos tout en étant clair et en utilisant le vocabulaire idoine. Après une dernière relecture du brouillon, je passe alors à la rédaction/écriture sur la copie. Je relis une dernière fois à haute voix, à Valérie, ce qui lui permet de me dire s’il y a d’ultimes modifications à effectuer, et pour ma part, de vérifier mon orthographe. Nous pouvons alors rendre la copie.

Le tiers-temps lui permet de « prolonger » sa pause déjeuner (accord de la direction), les cours reprenant à 14 heures, pur se reposer et reprendre des forces. Pour l’oral de français, Valérie bénéficie aussi d’un tiers temps : il lui permet la rédaction de notes suite au texte du programme en cours choisi par le professeur, analyser la question de grammaire donnée, et parler aussi du livre de lecture complémentaire choisi par l’élève. Selon le profil de l’élève, il est possible que la liste des textes soit réduite, elle est généralement d’une quinzaine de textes (poésie, théâtre, littérature).

Le jour de l’épreuve orale, nous sommes convoquées tôt le matin, ce qui est une bonne chose pour Valérie, sa concentration étant à son maximum. Nous avons eu la chance de tomber sur un texte qu’elle appréciait, la rédaction des notes fut donc aisée, sans « blancs ». Nous avons dû nous organiser car le temps est compté : rédaction de notes rapides , d’une introduction et d’une problématique, puis la conclusion et son ouverture.

Enfin, nous nous sommes concentrées sur les axes a bien compléter. Je consultais ma montre en permanence, le temps passe très vite. Comme je rédige pour Valérie, je veille à n’utiliser que des recto de feuilles, je ne mets que quelques mots clés, j’aère au maximum et je mets des couleurs pour bien séparer les différentes parties.

Nous sommes ensuite passé à la partie de l’épreuve de grammaire, et avons essayé de faire au mieux, car la question lui paraissait compliquée. Lors de l’interrogation orale, j’ai eu la possibilité de rester à ses côtés, et lui passer les feuilles au fur et à mesure afin que ses propos soient les plus justes possibles.

Voilà pour mon témoignage, j’espère qu’il convaincra de l’utilité de notre profession qui mérite d’être mieux connue et appréciée, Julie.

Fratries TND : ce que j’ai compris trop tard

Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H) est souvent décrit comme un défi du quotidien pour l’enfant qui en est porteur… mais c’en est aussi un pour toute la famille. Lorsqu’un enfant reçoit un diagnostic, l’attention des parents se concentre légitimement sur lui. Ce phénomène peut toutefois conduire à une autre réalité : le risque de passer à côté du TDAH chez les autres enfants de la fratrie.

C’est exactement ce qu’il s’est passé dans notre famille : 

Nous avons très vite suspecté chez notre fils quelque chose. A l’âge de 3 ans, une pédopsychiatre nous a parlé d’une hypothèse de TDAH.

Et moi, j’étais là, à essayer de comprendre, de gérer, d’encaisser parfois. Le quotidien tournait autour de lui, ses rendez-vous avec des neuropsychologues, psychologues, pédopsychiatres, psychomotriciens… Mais aussi ses besoins, ses débordements, ses urgences, ses progrès.

Pendant ce temps, sa grande sœur, de 2 ans son aînée, grandissait, développait ses propres stratégies, ses propres difficultés – plus discrètes peut-être mais bien présentes. Et personne, parmi la multitude de spécialistes consultés, n’a évoqué la possibilité que la fratrie puisse également être concernée par un Trouble du neurodéveloppement (TND).

Résultat : un diagnostic posé beaucoup plus tard, un trouble de l’hyperactivité (TDH) pour ma fille et le sentiment pour nous parents d’être “passés à côté”.

Pourquoi le TDAH peut-il être passé inaperçu chez un frère ou une sœur ?

Plusieurs raisons expliquent ce phénomène :

1. Les TND sont très variables d’un enfant à l’autre

2. Les filles sont encore sous-diagnostiquées car elle ont des compétences de camouflage plus développées, le trouble est donc plus invisible et retarde le repérage.

3. L’attention des adultes est monopolisée par l’enfant déjà diagnostiqué, il y a nécessairement une concentration de l’énergie par les parents où le besoin est le plus manifeste.

4. Le manque d’information sur la dimension familiale des TND : lorsqu’un enfant reçoit un diagnostic de TND, il devrait être systématiquement proposé aux parents de surveiller les autres enfants. Si l’un d’eux présente des comportements qui interrogent (inattention, agitation, impulsivité, difficultés scolaires, forte fatigabilité, irrégularités, etc.).

Que retenir pour les parents ?

Le TDAH peut toucher plusieurs enfants d’une même famille.

Chaque enfant s’exprime différemment : ce qui “crie” chez l’un peut être silencieux chez l’autre.

Le diagnostic d’un enfant doit être un signal pour observer la fratrie, sans inquiétude excessive, mais avec attention.

Et si je partage notre histoire aujourd’hui, c’est pour qu’aucune autre famille ne vive cette même situation.

Pour qu’on n’oublie plus les frères et sœurs qui se taisent, qui s’adaptent, qui encaissent sans bruit.

Ce que les familles auraient besoin d’entendre :

“Regardons la fratrie aussi”

Une maman anonyme.

A Bug-a-salt en vacances

🌞Pour beaucoup de familles, les congés riment avec temps partagé. On imagine des journées rythmées par les activités familiales, les rires, les jeux, les sorties, les explorations… Bref, tout ce que l’on espère quand on emmène sa tribu au soleil, à la mer, à la montagne ou simplement dans un coin de verdure.

Mais pour les familles avec un ou plusieurs enfants à troubles neurodéveloppementaux, ces moments tant attendus sont souvent source de stress : changement de repères, imprévus, fatigue, surcharge sensorielle… Les vacances demandent alors une organisation millimétrée, une anticipation constante, et parfois, une bonne dose de renoncement.

Bien sûr, tout dépend du niveau de sévérité du trouble, et de l’accompagnement médical (médication ou non). Certaines familles peuvent inscrire leurs enfants en colonies de vacances, en centres aérés, ou les confier à des proches.

Mais il y a les autres. Celles et ceux qui ne peuvent pas déléguer, car le trouble est trop présent, trop envahissant, trop mal compris.

Ces familles doivent continuer à faire face à :

  • Des crises d’anxiété aiguës,
  • Des montées d’excitation incontrôlables,
  • Des propos inadaptés ou grossiers,
  • La peur de sortir en terrain inconnu,
  • Le refus de toute alimentation différente de celle connue,
  • L’hypersensibilité à la lumière, au bruit, aux odeurs…

Et tout cela, dans un contexte censé être reposant et joyeux.

🪰 Mon fils a une peur intense des mouches.

Ce n’est pas l’insecte en lui-même qui l’effraie, mais le bruit de ses ailes, ce bourdonnement soudain et imprévisible qui déclenche chez lui une angoisse profonde.
Depuis qu’il est tout petit, j’ai été obligée de m’équiper d’une raquette électrique, seule solution qu’il ait acceptée pour envisager de partir en vacances. Sans cela, c’était tout simplement inimaginable.

Ce genre d’adaptation peut sembler dérisoire pour certains, mais pour nous, elle est essentielle. Elle illustre à quel point les familles d’enfants neuroatypiques doivent penser à tout, anticiper les moindres détails, et parfois réinventer leur quotidien pour qu’il soit vivable et rassurant. Il s’agit d’une hypersensibilité auditive, fréquente chez les enfants avec des troubles du neurodéveloppement (notamment TSA ou TDAH).

Mais voilà, mon fils a grandi, et avec lui, ses besoins ont évolués : j’ai donc tout récemment, j’ai fait l’acquisition d’un Bug-A-Salt — un outil fun, qui projette du sel pour neutraliser les insectes volants.
Et même si, à la base, je suis fermement opposée aux armes et à tout ce qui peut y ressembler, je dois reconnaître que cet objet nous a offert un compromis rassurant : il est ludique, efficace, et surtout, il rassure mon fils.

Parfois, il faut savoir composer avec ses principes, pour répondre à des besoins très concrets. Et si cela permet à mon ado de se sentir en sécurité, alors c’est une petite victoire de plus dans notre quotidien atypique.

💛 À toutes les familles d’enfants neuroatypiques,
NHA, le groupe de familles et de parents Saint-Mandéen,  pense à vous.
Nous vous voyons, dans vos efforts quotidiens, dans votre patience, dans votre créativité, dans votre amour inconditionnel.
Vous êtes courageuxrésilientsinspirants.

Que ces vacances, même imparfaites, vous offrent des instants de répit, des moments de complicité, et surtout, la reconnaissance que vous méritez.

Vous n’êtes pas seuls.
Et chaque petit pas que vous faites est une victoire.

Bonnes vacances à tous !

Témoignages des parents ou familles

Introduction

Cette rubrique est la votre. Parce que derrière chaque enfant qui connait un trouble du développement, il y a une famille, et que nous savons quel a été votre parcours. Besoin de se raconter, de témoigner pour que les autres parents et donc la société tout entière comprennent la nécessité de nous accompagner.

Vous êtes un praticien aguerri aux TND ? Venez témoigner également.

#ensembleplusforts

Le témoignage d’Aurélie, maman de Hugo, 11 ans

Le témoignage de Mélissa, maman des jumeaux Aaron et Adam, 7 ans

Le témoignage de Julie, AESH, accompagnante pour les épreuves du bac blanc de français

Le témoignage de Claire mère de deux garcons

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