Le drame de Louis, 17 ans, à Narbonne, assassiné dans la nuit du 19 au 20 juin, Neuroatypique (TDAH) sans déficience intellectuelle, n’est pas seulement une tragédie individuelle. Il révèle la faillite d’un système qui repère les vulnérabilités sans les protéger, qui multiplie les discours sur l’inclusion mais laisse encore des adolescents seuls face au harcèlement, à la souffrance et à l’abandon.
La France se dit protectrice. Elle se veut attentive aux plus fragiles, soucieuse de l’enfance, attachée à l’égalité des chances. Elle parle d’inclusion avec gravité, de santé mentale avec retard, de protection de l’enfance avec emphase. Mais quand un adolescent de 17 ans meurt à Narbonne, ce que ce drame dit n’est pas seulement l’extrême violence de certains faits : c’est l’extrême fragilité de nos réponses.
Louis n’est pas un fait divers de plus. Il était un jeune neuroatypique : premières victimes du décrochage scolaire par manque d’AESH dans les collèges et lycées. Premières victimes du harcèlement scolaire et de rue. Premières victimes de la discrimination en tout genre (professionnelle, sociétal, etc.). Un adolescent en souffrance, exposé, insuffisamment protégé. Et c’est précisément là que le scandale commence : dans ce décalage entre ce que nous savons des risques et ce que nous faisons réellement pour les prévenir.
Déscolarisé, sans réel suivi médical et thérapeutique de son trouble, le père qui en avait la garde, n’avait pas eu d’autre choix que de le placer temporairement (seulement deux mois) pour ne pas le laisser seul chez lui, en attendant qu’il embauche début juillet.
On nous répète que l’école est inclusive ; on nous répète que la société est inclusive.
Que les dispositifs existent. Que les signalements sont pris en compte. Que les institutions sont mobilisées. Pourtant, dans la réalité, trop d’enfants et d’adolescents porteurs de handicap sans déficience intellectuelle (TSA, TDAH, DYS, TND) glissent entre les mailles du filet. Ils sont repérés trop tard, accompagnés trop peu (les parents aidants, le sont encore moins), protégés trop rarement.